Guesnain

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mercredi 21 octobre 2020

LES RÉUNIONS PUBLIQUES À GUESNAIN ET LEWARDE DU CANDIDAT AUX LÉGISLATIVES, GONIAUX 1902_04_20_Le_R_veil_du_Nord_

 



LES REUNIONS PUBLIQUES 


A GUESNAIN 

La réunion publique organisée par le P. S. F., lundi dernier, dans la commune de Guesnain, a donné au candidat Goniaux, une preuve nouvelle des sympathies qui l’environnent. 

La réunion a été présidée par le citoyen Watrain.

Goniaux, qui a la parole, déclare qu'il a été désigné comme candidat par les groupes nombreux du Parti socialiste français, par les organisations ouvrières auxquelles se sont joints en masse les petits commerçants et cultivateurs de la circonscription. Aussi, dit le candidat, est-il de mon devoir de venir, devant tous ces travailleurs qui reconnaissent la nécessité d'une candidature ouvrière, expliquer mon programme.»

Goniaux trace alors le programme de réformes qui s'impose à la démocratie ouvrière et démontre ainsi que Monsieur Debève n'a pas toujours travaillé à en hâter l'application.

Citant les votes du député sortant, l'orateur est bien forcé d'en conclure qu'ils sont loin de favoriser les desiderata du prolétariat. D'autre part, Monsieur Debève s'est rarement donné la peine de monter à la tribune. Il s'est refusé à voter l'impôt sur le revenu, comme la séparation de l'église et de l'état ; Il s'est également montré l'adversaire de la suppression des 28 et même des 13 jours. Au point de vue politique, dit Goniaux, Monsieur Debève a tourné le dos aux républicains avancés pour faire risette à la réaction déguisée. C'est ainsi qu'aux élections cantonales dernières, il se présentait radical à Aniche et progressiste à Douai. 

Aujourd'hui, il doit bien regretter de s'être laissé enrôler par des gens qui, en présentant le réactionnaire Cocheteux, se réclame des élections Godin et Wats.

Goniaux en arrive à la candidature Cocheteux, candidat réactionnaire et nationaliste, qui se pare de l'étiquette de républicain progressiste pour mieux piper le corps électoral. Goniaux traite ensuite la question agricole dont le candidat nationaliste Cocheteux veut tant se réclamer et indique le remède à y  apporter.

Avant de terminer, Goniaux renouvelle les déclarations qu’il a déjà faites, au sujet de la discipline républicaine. 

- Il ne faut pas perdre de vue l’ennemi commun. De nombreux applaudissements soulignent les dernières paroles du citoyen Goniaux. Après un appel des citoyens Watrain et Defontaine, en faveur de la candidature Goniaux, la séance est levée au milieu d’une grande animation . 


A LEWARDE 

Après la réunion de Guesnain, Goniaux, accompagné de plusieurs camarades, s’est rendu à Lewarde, où une réunion devait avoir lieu à 8 h du soir

Le citoyen Gallet, président du Syndicat des verriers d'Aniche, est présent. La déclaration de réunion n'ayant pas été faite à temps, il est décidé qu'on ne constituera pas de bureau et qu'on se bornera à faire une causerie. Le citoyen Gallet prononce quelques paroles bien senties en présentant le candidat Goniaux. Celui-ci prend la parole et, comme à Guesnain. il démontre la nécessité pour tous les travailleurs d’envoyer un des leurs à ia Chambre des députés. Goniaux profite de la présence de plusieurs cultivateurs pour traiter à nouveau la-question agricole et, comme toujours, le fait avec grand succès. Il cite ensuite quelques votes peu républicains et peu démocratiques du député Debève. A ce moment, un conseiller municipal dit au garde-champêtre : « Arrêtez-le de parler. Voilà près d’une heure qu'il parle. » Le garde essaie vainement d'empêcher Goniaux de parler, et celui-ci continue à attaquer la candidature du candidat réactionnaire-nationaliste Cocheteux, que les électeurs doivent surtout répudier. Goniaux renouvelle encore ses déclarations relatives à la discipline républicaine au second tour. 





lundi 19 octobre 2020

L'installation de Monsieur le Curé, un article paru de 1902_03_26_Le_R_veil_du_Nord. (article satirique et anticlérical))





GUESNAIN 

L’INSTALLATION DE M. LE CURE. — La commune était en fête, dimanche. Un bonheur paradisiaque illuminait tous les visages. Pensez donc, c'était l'installation du nouveau curé. On n’avait rien ménagé pour donner à cette cérémonie tout le faste qu'elle méritait ; le clan clérical avait fait des prodiges. Dès le lever du soleil, on aurait pu remarquer dans les rues que devait traverser le cortège, les fils de Monsieur le Maire décorant et plantant des mâts. On ne comptait pas moins de 32 fausses portes sur un parcours de 1500 mètres. A signaler particulièrement la fausse porte dressée en face de l'estaminet Deregneaucourt, formée de panoplies d'armes et recouverte d’une étoffe à carreaux rouges et noirs, qu'on appelle simplement couverture de cheval. Ce qui faisait même dire aux passants : « C’est donc un âne que l'on va recevoir, pour qu'on lui mette la couverture sur le dos ».. 

La musique communale de Guesnain avait dû faire appel au concours de quelques musiciens d'Auberchicourt et de Dechy pour grossir ses rangs. La municipalité, les pompiers, la société le Veloce-Club de Guesnain. la société de Secours mutuels, des cavaliers, des enfants des écoles figurèrent au cortège. Jamais Guesnain ne vit foule plus considérable. Mais que serait-ce alors si le Pape lui-même y venait faire un tour ? 

Pour terminer n'oublions pas de dire que le cortège était organisé et dirigé par un soi-disant ingénieur des mines d’Aniche. Que venait-il faire dans cette galère ? Il est vrai que, tout compte fait, cette grandiose manifestation n’était autre chose qu’une réclame électorale. Qu’il nous soit seulement permis de déplorer l’absence de M. Cocheteux. Il aurait pourtant produit bon effet, en tête du cortège, monté sur le plus bel aliboron de la commune.