Guesnain

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jeudi 23 avril 2020

tremblement de terre à Guesnain, un écho du "Petit Marseillais" du 12 mars 1887















LE TREMBLEMENT DE TERRE D’HIER

Quelques personnes ont assuré hier, avoir ressenti, vers 3 heures de l’après-midi , une secousse de tremblement de terre. La secousse aurait été légère et aurait duré environ cinq secondes. Il ne nous a pas été possible de contrôler ce dire, par l’excellente raison que, personnellement, nous n’avons rien ressenti, ni dans les bureaux ni dans les ateliers du journal. Mais ce qui pourrait confirmer ce renseignement, c’est que, dans la soirée, nous avons reçu divers télégrammes annonçant la perception de secousses. Ainsi, on nous a télégraphié : 
D’Antibes, à 4 h. soir : « Nous avons ressenti, à 2 h. 34, une nouvelle secousse qui a duré 6 secondes. La population est justement effrayée, on ne signale rien de particulier. » 
De Brignoles, à 5 h. du soir : « Cette aprè-midi, à 4 h. 48, une nouvelle secousse très peu sensible s’est produite. Elle a duré de 6 à 7 secondes. 
De Draguignan, à 5 h. 20 soir : « Une nouvelle secousse de tremblement de terre, assez sensible, s’est encore fait sentir aujourd’hui à 2 h. 40. L’oscillation a duré 6 secondes environ. » 
De Menton, à 5 h. 30 soir: «Une nouvelle secousse de tremblement de terre a eu lieu aujourd’hui à 3 h. moins 10. La durée a été de 2 secondes environ, la secousse assez violente. La population, qui était presque rassurée, a été alarmée. Les appartements occupés depuis quelques jours sont de nouveau abandonnés. La panique reprend. Les abris manquent. Le maire a ordonné la construction de baraquements et a demandé 150 tentes à MM. Yvose et Cauvin de Marseille, et au gouvernement. » 
De Toulon, à 5 h. 40 soir; « Quelques légères secousses de tremblement de terre ont été ressenties à 3 heures moins 10 minutes, dans notre ville. Elles ont été presqu’insensibles, bien qu’elles aient été constatées par un grand nombre de personnes. La direction des trépidations paraissait être du Nord au Sud. » De Digne, à 6 heures soir : « Une secousse de tremblement de terre a été ressentie à 3 heures moins un quart, cette après-midi. Les vitres ont tremblé et les sonnettes tintaient. La secousse a duré 10 secondes ; c’est la plus forte depuis le 23 février. » De Cannes, à 7 heures 45 soir : « Quelques personnes ont ressenti une légère secousse de tremblement de terre aujourd’hui ; mais il faut se mettre en garde contre les exagérations, car ce mouvement a été pour ainsi dire insensible » 
Ajoutons que les oscillations ont été ressenties sur divers points de la France. A Dechy-Guesnain, près de Douai, elles ont duré deux secondes ; les murs de la chapelle sont lézardés ; mais la dépêche de notre correspondant ne signale aucun accident de personnes. — R. 


La même information est relayée dans une douzaine de journaux le même jour : le Petit Courrier de Bar-sur-Seine, le Gil Blas, le Rappel, l’Intransigeant, le Phare de la Loire, la Lanterne, Le XIXè siècle, le Petit Provençal, le Constitutionnel, l’Écho Rochelais, l’Écho de Paris, le Petit Parisien

dimanche 5 avril 2020

Une pétition contre le réarmement de l'Allemagne, un article paru dans Ce Soir du 12 janvier 1951, qui fait état de 2000 signatures à Guesnain












Dans toute la France
PLUSIEURS DIZAINES DE
MILLIERS DE SIGNATURES
CHAQUE JOUR CONTRE LE
REARMEMENT DE L’ALLEMAGNE


L’IMMENSE travail que représente l’organisation de la Consultation nationale contre le réarmement se poursuit jour après jour. Dans tout le pays, les collecteurs de signatures vont discuter de porte en porte, sur les marchés, dans les chantiers et les usines pour recueillir la réponse des Français à la question dont dépend l’avenir de notre patrie. Et les résultats sont à la mesure de l’effort mis en œuvre.
Ainsi, les jeunes « Vaillants » (9 à 14 ans) du canton sud de Toulouse sont allés, dimanche dernier, demander leur avis aux habitants de la petite localité de Pouvourville : en quatre heures, ils visitent le tiers des fermes, et 80 % des personnes sollicitées répondent « non » à la nouvelle Wehrmacht. A Désertines (Allier), le Conseil municipal, au grand complet, inaugure la consultation en allant lui-même recueillir les signatures, de porte en porte.

A Liévin, devant sa maisonnette installée à l'entrée du puits : n° 3, le délégué mineur Oscar Lévêque dispose une urne. Et, à la remonte du poste du matin, à 13 heures, les mineurs, tout noirs de charbon ou gris de la poussière des « bottes », déposent leurs bulletins par centaines. 
Le puits n° 3, A Liévin, est appelé « la Fosse martyre » ; les nazis y tuèrent des dizaines de patriotes, et leurs camarades n’ont pas oublié...

Les Conseils municipaux, souvent intimement mêlés à la population, sensibles à sa volonté, ont exprimé dans d'innombrables voeux leur opposition à la renaissance d'une Wehrmacht. Signalons, parmi les derniers à s'être prononcés dans ce sens : celui de Millau (Aveyron), unanime ; celui de Cambon d’Albi, dans le Tarn ; celui de Mornac, en Charente ; ceux de Villard Bonnat, les Avenières, Izeaux, dans l’Isère, etc., etc... Aucune voix ne manque

A Bozel (Savoie), ce sont les représentants des anciens prisonniers de guerre, des internés et des déportés, de l’ancienne Armée secrète, de la C.G.T., de la C.F. T.C., du Parti communiste français qui rédigent une protestation contre le réarmement de l’Allemagne.

A Nancy (Meurthe-et-Moselle), c’est la section du Parti socialiste S.F.I.O., dont sont membres trois secrétaires fédéraux, qui  "élève une protestation solennelle contre le réarmement de l’Allemagne occidentale comme de l’Allemagne orientale, et en appelle à l’opinion publique des patriotes français, en particulier dans les provinces de l’Est, pour qu’elle prenne une conscience accrue des dangers de ce réarmement qui, alors que l’Europe n’est pas encore une véritable unité politique, est incompatible avec les idéaux et les exigences du Parti socialiste S.F.I.O. »

Aucune voix ne manque dans le grand cri que fait entendre la France pour empêcher le renouvellement des invasions qui la laissèrent exsangue et décimée, trois fois en soixante-dix ans.

Et les chiffres se multiplient : 2.000 à Sin-le-Noble, 2 000 à Guesnain, 1.500 à Dechy 2.100 à Avesnes - les - Aubert, dans le Nord, 100 % des 217 habitants de Rimplas, dans les Alpes-Maritimes.


Des dizaines de milliers chaque jour, annonciateurs des millions qui ne veulent pas d’une nouvelle armée allemande, et qui vont le dire...

jeudi 2 avril 2020

grève des mineurs dans le Nord et à Guesnain, un article paru dans le Réveil du Nord du 29 octobre 1902














Bassin du Nord 

Tout reste calme et le chômage ne diminue point sensiblement dans l’arrondissement de Douai, en dépit du racolage des Compagnies. Partout, à l'EscarpelIe même où, jusqu’à présent la Compagnie avait à peine donné signe de vie, partout des agents parcourent les corons, s’adressent à chaque porte et déclarent aux ouvriers qu'il n’y a plus de raison à présent pour continuer la grève, la question devant être tranchée par le gouvernement. Mais les mineurs ne s'y laissent point prendre, comprenant trop bien que le seul moyen de tirer bénéfice de leur chômage déjà long, c’est de le prolonger quelques jours encore ,c’est-à-dire pendant la durée des négociations. 

A WAZIERS 

Lundi matin, environ huit cents grévistes, dont un certain nombre venus du Pas-de-Calais, se sont donné rendez-vous devant la fosse Gayant, à Waziers, pour dissuader quelques irrésolus de reprendre le travail. On conviendra que puisqu’on laisse, depuis quelques jours, les porions racoler les ouvriers dans les corons, par intimidation, il n’est que juste de permettre aux grévistes de se masser devant les fosses pour essayer de contrebalancer, dans la mesure de leur possible, l’influence des agents des compagnies et de rappeler leurs camarades au sentiment de leur propre dignité. Le spectacle d'hier matin a prouvé une fois de plus qu'il n’est point besoin de recourir à la violence, ni aux injures pour arriver à ce résultat. Il a suffi que les grévistes fussent rassemblés en nombre imposant pour qu’aussitôt les quelques mineurs qui se disposaient à descendre vinssent se mêler à eux. Il n’y a eu, en tout et pour tout, qu’une dizaine de descentes. Et pas le moindre incident regrettable ne s’est produit. 

A GUESNAIN 

Vers six heures du matin, heure de la descente, deux-cents grévistes se trouvaient aux abords de la fosse Saint-René. Sans doute craignait-on à la direction, quelque chambardement, car toutes les troupes, artilleurs venus de Douai, cuirassiers cantonnés à Dechy et à Sin, plus un certain nombre de gendarmes. avaient été concentrées, pendant la nuit, à la fosse de Guesnain. En sorte qu’il y avait plus de soldats et de gendarmes que de manifestants, si toutefois les grévistes pouvaient mériter ce titre. Cette fois, d'ailleurs, la route nationale était barrée, de chaque côté de la fosse, sur une distance de cent mètres, par la troupe, en sorte que nul ne pouvait en approcher. Bien plus, le passage à niveau de la route qui descend dans le village et même aux « Corons sans-Beurre » était gardé par un détachement d'artilleurs dont la consigne était de ne laisser passer aucun gréviste muni de canne et de bâton. Il paraît que cet accessoire est spécialement réservé aux porions, car ces derniers, notamment le sieur Maroquin, enfreignaient à chaque instant la consigne, leurs énormes triques à la main. 

CHEFS ET SOLDATS 


Le croirait-on, c'est des grévistes qu’il s’agit, et nullement de la troupe. Voici l'histoire : Vers sept heures du matin, le citoyen Ch.-Louis Quintin causait avec le citoyen Watrin, cabaretier, ex-délégué mineur, sur le seuil de son estaminet, situé près de la fosse Saint-René, lorsque le porion Maroquin, passant devant eux et croisant un groupe de soldats, cria à ces derniers : « Allez, vos chefs sont bien dignes de soldats comme vous ! » Les mineurs, très calmes, répliquèrent qu’ils n’avaient point de chefs ; sur quoi, Maroquin leur désigna les citoyens Watrin et Quintin en disant : « Tenez, les voilà vos chefs ! » Inutile d'ajouter que le digne homme en fut pour ses frais de provocation. Tout le monde se contenta de lui rire au nez. Décidément, M. Maroquin fraternise tellement avec l'armée depuis quelque temps, qu’il voit des chefs et des soldats partout. Que deviendra-t-il après la grève ? Il est capable de reprendre du service, si tant est qu'il en ait jamais pris, 


A COURCELLES 

Il paraît que le délégué mineur Pantignv, de la fosse de Courcelles-lez-Lens, proteste auprès d’un de nos confrères, au sujet de quelques lignes le concernant parues dans le Réveil du Nord, dès le début de la grève à l'EscarpelIe, il y a de cela cinq semaines. Vraiment il a fallu du temps à ce domestique de la direction pour méditer sa réponse. Cela tient sans doute à ce qu'il ne lit jamais le Réveil et qu’on a dû lui mettre, mais un peu tard l’article sous les yeux. 

A SOMAIN 
CONFERENCE RASSEL 

Dimanche a eu lieu, au salon Leduc-Corseau, à sept heures du soir, la réunion annoncée. Plus de 600 auditeurs, hommes et femmes sont présents. Pendant une heure, le citoyen Rassel fait comprendre aux assistants que, puisqu'il existe deux classes distinctes, les ouvriers ne pourront être affranchis tant qu'ils seront gouvernés par des bourgeois, à quelque parti qu’ils appartiennent. Il engage tous les mineurs à adhérer au syndicat et à persévérer dans le calme et le sang-froid qu'ils se sont imposés jusqu'à présent. Les citoyens Gahide et Debeaussart prennent ensuite la parole, puis le président met aux voix un ordre du jour acclamant la grève qui est adopté à l'unanimité. La sortie s'est ensuite effectuée dans le plus grand calme et une collecte faite au profit des grévistes a produit 3 fr. 60 qui ont été remis aux intéressés.


Réunions et Conférences 
Dans le Nord 
MARDI 28 OCTOBRE 

A DECHY. à 5 heures du soir. Orateurs : GONIAUX, DEFONTAINE et Maurice MONIER. 
A MONCHECOURT. salle Baudin, à 6 heures 1/2 Orateur : Maurice MONIER. 
A LOURCHES, à 6 heures. Orateur : GONIAUX. 

MERCREDI 28 OCTOBRE 


A SOMAIN, à 6 heures 1/2. Orateur : Maurice MONIER. 
A BRUAY, salon Podevin, à 5 heures du soir. Orateur : MENU. 

JEUDI 30 OCTOBRE 

A HERGNIES. salon Leclerc, à 6 heures du soir. Orateur : TABARY. 
A ANICHE, A sept heures du soir. Orateur : Maurice MONIER. 

lundi 30 mars 2020

La Grève générale des mineurs dans le Nord, La fosse Saint-René, "citadelle imprenable" sous l'emprise de Maroquin














DANS LE NORD Enfin, voilà de la troupe. — La fosse de Guesnain cernée par les cuirassiers. — Le chômage aux mines d’Aniche. — Mesures révoltantes de la Compagnie. 



Dans I’Escarpelle, rien de nouveau. Comme toujours le chômage est général et les grévistes gardent leur calme absolu. Hier a eu lieu la remise des carnets du salaires pour la quinzaine écoulée. Les grévistes ont, en effet, de cinq à sept jours de présence à la mine, avant la déclaration de grève. Signalons, à ce sujet, un procédé d’autant plus odieux de la part de la Compagnie, qu'il n’a pas toujours été en vigueur. En effet, on retient aux ouvriers, sur le maigre salaire de leurs quelques journées de travail, le prix des outils abîmés ou perdus. En sorte que certains n'auront à toucher aujourd'hui que quelques sous. Il est vrai que les Compagnies escomptent la détresse de l’ouvrier pour l'amener à soumission, c’est-à-dire à reprendre le travail Cette tactique est élémentaire, et l'on ne saurait réclamer plus de grandeur d'âme au féroce capitalisme. 

AUX MINES D ANICHE 

Dans la commune d'Aniche, trois fosses peuvent être considérées comme entièrement acquises au mouvement. Ce sont celles de Notre-Dame, Gayant-Bernicourt et Dechy. Celte dernière où, samedi l'on comptait encore la moitié des descentes, a été abandonnée lundi par la presque totalité des inscrits, soit 512 grévistes, ce qui, avec les 600 des deux autres fosses donne un total de 1100 grévistes. 

A LA FOSSE DE GUESNAIN 

Reste la fosse de Guesnain, la citadelle réputée imprenable de la concession d’Aniche. Il est de fait qu’elle est défendue par tous les moyens possibles, légaux et surtout illégaux. Néanmoins, samedi matin, on y comptait une centaine de manquants. Dieu, ou plutôt le Diable, sait pourtant à quelles scandaleuses extrémités se sont portés les larbins de la direction, à commencer par le fameux Maroquin, qui, accompagné de ses quatre gendarmes, allait réclamer jusqu'à domicile, les ouvriers qui se disposaient à faire grève. Ces manœuvres n’ont point empêché le mouvement de s'accentuer dans des proportions significatives.
Il n'y a pas à s'y méprendre, la fosse de Guesnain est désormais affranchie du joug patronal. Tous les maroquins du monde n'y feront rien. A preuve que lundi matin, en dépit, — peut-être à cause, qui sait, — du ridicule déploiement de troupes inauguré aux abords de la fosse et sur lequel nous allons revenir, le nombre des grévistes a plus que doublé. Il y avait plus de deux cents manquants hier matin, c’est-à-dire la moitié des inscrits, et cela sans la moindre pression de la part des autres grévistes. 

L’APPEL AUX SOLDATS 

Comme nous l’avons signalé hier, la direction des mines d'Aniche réclamait des troupes à cors et à cris, sûre de la complaisance pour ne pas dire de la complicité de M. le sous-préfet de Douai. Nous osions encore espérer hier matin que l’attitude de ce piètre agent serait surveillée en plus haut lieu et qu’on examinerait sérieusement ses rapports et requêtes avant d'y donner quelque suite. Il faut croire qu’on a eu quelque distraction en haut lieu, comme nous le disions, car M. Allard est arrivé à ses fins. Nous ferons remarquer en passant que cette distraction doit être également cause que la légitime réclamation, télégraphiquement adressée par Goniaux au préfet du Nord, concernant l’entrave apportée par les agents des Compagnies avec l'aide des gendarmes, à la liberté du droit de grève, est demeurée sans réponse. Nous l’attendons impatiemment, cependant. 
Le sous-préfet de Douai est donc arrivé à ses fins, disions-nous. 
En effet, la nuit dernière deux escadrons du 4e cuirassiers sont arrivés de Cambrai pour occuper militairement les communes de Dechy, Guesnain et Lewarde. 
Naturellement, personne ne s'attendait à cette invasion de troupes. 
Aussi lorsque, dans la soirée, les escadrons, en quête d’un logement, arrivèrent à Sin-le-Noble, et qu’un officier s’adressa à M. Wilmot, maire de la commune, pour lui demander où s'abriter, celui-ci dut s'enquérir de par qui le détachement était appelé sur son territoire. On lui répondit que c’était par l’ingénieur-directeur des mines d’Aniche, ce à quoi M. Wilmot fit observer qu'il était alors plus logique de s’adresser au dit ingénieur pour se procurer le logement ; néanmoins, vers onze heures du soir, les soldats furent casés dans l’ancienne carrosserie Lion route nationale. 

IMPOSANT SPECTACLE 

Dès deux heures du matin, les deux escadrons de cuirassiers ont été dirigés l’un sur Guesnain, l’autre sur Lewarde. Nous avons eu la curiosité d’aller faire une exploration par là, et vraiment le spectacle, comme grotesque, en valait la peine. Avant d'arriver à Guesnain, sur la grand'route, nous nous heurtons dans le premier escadron, planté là sur la route, attendant on ne sait quoi. Pauvres cuirassiers. Ce qu’ils doivent en faire des réflexions, sur la nécessité des armées permanentes ! 
Nous poussons plus loin, jusqu’à Lewarde. Là, le second escadron, divisé en escouades de patrouille, parcourt la commune en tous sens, guidé par les gendarmes. 

HEUREUSE RENCONTRE 

Nous avons le bonheur, dès notre entrée dans Lewarde, de rencontrer le sieur Maroquin, géomètre-garde-chiourme de la compagnie, surnommé la « Terreur des Corons ». L'individu tient toujours sa lanterne à la main et peut-être s’apprête-t-il à nous la mettre sous le nez. Mais, est-ce intuition soudaine, il s'arrête, se retourne vers les gendarmes qui l’escortent, et ceux-ci s’éloignent aussitôt.
 Il va sans dire que nous n’avons nullement éprouvé le besoin d'entrer en connaissance avec le personnage. 

LES PATROUILLES 

De quatre heures du matin jusque six heures et demie, des patrouilles de cuirassiers ont fait la navette entre Guesnain et Lewarde. Pourquoi ? Sans doute pour prendre du mouvement, et peut-être aussi dans la vague intention d’assurer la sécurité des ouvriers se rendant au travail. A moins que ce ne fût simplement pour protéger la besogne des porions en racolage sur la route, sous la haute direction du dénommé Maroquin. En somme, le plus clair de toute cette mise en scène intempestive, c’est que plus de deux cents mineurs ne se sont pas rendus à la fosse de Guesnain, lundi matin, et que le nombre des grévistes ira toujours en augmentant. Ce qui prouve que le droit prime la force, d’une certaine façon. 

ODIEUX PROCEDES DE LA COMPAGNIE 

Disons, pour finir, que la compagnie des mines d’Aniche, non contente de ses exploits accoutumés, vient de solliciter de la sous-préfecture de Douai un « arrêté » dans lequel les maires de la circonscription interdisent aux mineurs grévistes de circuler sur leurs territoires pour y chercher les pommes de terre que les cultivateurs négligent de ramasser dans leurs champs, après l’arrachage. Voilà qui révolte la conscience de tous les honnêtes gens, et si ce bruit ne nous revenait de plusieurs bouches, nous refuserions d’y accorder quelque crédit. En tout cas, nous nous faisons un devoir de nous en faire l’écho, dans l’espoir que la sous-préfecture, si sujette à caution, hésitera à leur faire prendre plus de consistance. Maurice SAVARY.


dimanche 22 mars 2020

Drapeaux rouges à Dechy et Guesnain à l'occasion du 1er Mai 1931, dans l'Humanité du 5 mai 1931









Drapeaux rouges à Dechy et Guesnain (Nord)


Le 1er Mai, à Dechy et Guesnain, deux commues situées dans la région de Douai, fief des Mines d'Aniche, 8 petits drapeaux rouges avec faucilles et marteaux et l'inscription : "Vive le 1er Mai !" ont flotté sur les fils électriques, un a flotté toute la journée en face de la maison du chef porion et du garde de la Compagnie des Mines d'Aniche et ne put être décroché que le lendemain matin, en faisant appel à une équipe d'électriciens.