Guesnain

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dimanche 19 avril 2020

Les grèves de mineurs dans le Nord (suite) un article paru dans le Siècle du 28 juillet 1878 où Guesnain et Dechy tiennent la vedette, des poursuites judiciaires pour mendicité sont évoquées















LES GRÈVES 
NOUS LISONS DANS L'ECHO DU NORD : 


JUSQU'À CE JOUR 81 GRÉVISTES ONT ÉTÉ ARRÊTÉS 1117 NON-LIEU ONT ÉTÉ PRONONCÉS ; 20 ONT ÉTÉ CONDAMNÉS LE 18 JUILLET ; 44 PRÉVENUS COMPARAÎTRONT PROCHAINEMENT DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE VALENCIENNES. 
PARMI CES DERNIERS, SE TROUVENT TROIS DES PRINCIPAUX MENEURS : ILDELPHONSE GORNIL ET LES FRÈRES GOSSELIN. 
EN RAISON DU NOMBRE DES PRÉVENUS, DEUX JUGES ONT REÇU DES DÉLÉGATIONS DE M. LE PRÉSIDENT DU TRIBUNAL POUR HÂTER LES INTERROGATOIRES. LES SAGES MESURES PRISES PAR L'AUTORI TÉ MILITAIRE ONT PRODUIT LES PLUS HEUREUX RÉSULTATS, RELATIVEMENT À LA GRÈVE QUI S'EST DÉCLARÉE MARDI DANS LA CONCESSION DE LA COMPAGNIE D'ANICHE. 
APRÈS LEUR RÉUNION DE MARDI, LES MEMBRES DU CONSEIL DE RÉGIE, MM. LE GÉNÉRAL DE CHABAUD-LATOUR, LE DUC D'AUDI FFRET-PASQUIER, GORNÉLIS DE WITT, ARTHUR DE GHABAU-LATOUR FILS, CASIMIR-PERIER, SABATIER, SE SONT RENDUS, INDIVIDUELLEMENT, CHEZ LE SOUS-PRÉFET DE VALENCIENNES, M CASTELAIN, ET LUI ONT EXPRIMÉ LEUR RECONNAISSANCE POUR L'ACTIVITÉ QU'IL N'A CESSÉ DE DÉPLOYER DÈS LE DÉBUT DE LA GRÈVE, ET L'INTELLIGENTE ORGANISATION DES PREMIÈRES MESURES RÉPRESSIVES, GRÂCE AUXQUELLES LES GRÉVISTES ONT ÉTÉ TENUS EN RESPECT, ET LES CHARBONNAGES VOISINS PRÉSERVÉS. 
 LES MINEURS TURBULENTS QUI ONT PROVOQUÉ LA GRÈVE À DECHY ET QUI AURAIENT EMPÊCHÉ ÉGALEMENT LES OUVRIÈRS DE DESCENDRE À GUESNAIN, ONT ÉTÉ RÉDUITS À L'IMPUISSANCE PAR LA PRÉSENCE DES TROUPES ET PAR LES MESURES DE L'ADMINISTRATION ET DU PARQUET. LE BATAILLON DU 33È DE LIGNE QUI TIENT GARNISON À DOUAI, A ENTOURÉ DECHY. UN DÉTACHEMENT DE DRAGONS EN OCCUPE LE CENTRE. DES POSTES MILITAIRES ONT ÉTÉ ÉTABLIS À GUESNAIN, MASNY ET SIN. LES OUVRIERS COUPABLES DE VIOLENCES ET D'ENTRAVES PAR MENACES À LA LIBERTÉ, DE LEURS COMPAGNONS ONT ÉTÉ ARRÊTÉS. DÈS LORS, LA CRAINTE A DISPARU CHEZ LES NOMBREUX MINEURS DISPOSÉS À DESCENDRE DANS LES FOSSES. LES DÉPÊCHES DE MERCREDI ANNONÇAIENT UNE AMÉLIO RATION TRÈS-SENSIBLE; JEUDI LE TRAVAIL ÉTAIT EN ACTIVITÉ PARTOUT, MÊME À DECBY, OÙ 118 OUVRIERS SE SONT PRÉSENTÉS LE MATIN. A GUESNAIN ET À WAZIERS, IL NE MANQUE GUÈRE QUE 25 À 35 OUVRIERS SUR LE CHIFFRE TOTAL. LE CALME EST COMPLET PARTOUT. 
  UNE DOUZAINE D'ARRESTATIONS SEULEMENT ONT ÉTÉ MAINTENUES. 
P. S. NOS DERNIÈRES DÉPÊCHES ANNONCENT QUE LA SITUATION S'EST SENSIBLEMENT AMÉLIORÉE. 
  LE TRAVAIL A REPRIS À DECHY. LES AUTRES FOSSES DE LA CONCESSION D'ANICHE SONT DANS LEUR ÉTAT NORMAL, À L'EXCEPTION DE CELLE DE GAYANT, OÙ LA PLUPART DES MINEURS ONT REFUSÉ DE DESCENDRE VENDREDI MATIN. PLUSIEURS GRÉVISTES ONT ÉTÉ ARRÊTÉS POUR AVOIR MENACÉ LEURS CAMARADES QUI VOULAIENT CONTINUER LE TRAVAIL. 
93 OUVRIERS SONT DESCENDUS VENDREDI À CASIMIR-PERIER, 195 À RŒULX, 70 À SAINT-MARC, 350 À SAINT-WAAST, 160 À SAINT-LOUIS, 80 À HÉRIN, 320 À ESCAUDAIN ; HAVELUY EST AU COMPLET. 
UNE PATROUILLE A ARRÊTÉ, CETTE NUIT, À ESCAUDAIN SEPT GRÉVISTES. 
   A VIEUX-CONDÉ, DES DÉLÉGUÉS ONT EU UN ENTRETIEN AVEC M. DE MARCILLY. ON ESPÈRE QUE LE TRAVAIL REPRENDRA BIENTÔT. 
  LE 43° DE LIGNE EST RENTRÉ JEUDI À LILLE. TOUT EST CALME À LENS. 
  LE TRIBUNAL DE DOUAI, DANS SON AUDIENCE DU 24 COURANT, A JUGÉ ENCORE DIVERSES AFFAIRES RELATIVES À LA GRÈVE DE DORIGNIES : LES NOMMÉES PRUDENT ET PAUX, FEMMES DE MINEURS, CONDAMNÉES SAMEDI DERNIER PAR LE TRIBUNAL DE DOUAI, ÉTAIENT ACCUSÉES DE VIOLENCES ET DE VOIES DE FAIT SUR LE SIEUR BÉDARD, TÉMOIN À CHARGE CONTRE LEURS MARIS. 
  LE TRIBUNAL A CONDAMNÉ À SIX JOURS DE PRI SON LA FEMME PRUDENT ET À TROIS JOURS LA FEMME PAUX
  M. LE PROCUREUR DE LA GORCE APPELLE A MINIMA  DE CE JUGEMENT. 
  LE TRIBUNAL A JUGÉ UNE DEUXIÈME AFFAIRE DE GRÉVISTES. JULES GÉRARD, MINEUR, À SOMAIN, ÉTAIT ACCUSÉ D'ENTRAVES À LA LIBERTÉ DU TRAVAIL. ON L'A CONDAMNÉ À DEUX MOIS DE PRISON.

  L'AGENCE HAVAS NOUS COMMUNIQUE LES DÉPÊCHES SUIVANTES : 

VALENCIENNES, 26 JUILLET, SOIR. 

LES CRAINTES QU'ON PARAISSAIT ÉPROUVER AU SUJET DE DENAIN N'ONT PAS ÉTÉ JUSTIFIÉES, TOUTEFOIS ELLES N'ONT PAS ENCORE DISPARU COMPLÈTEMENT. A ANZIN, LA SITUATION S'EST AMÉLIORÉE ; À HAVELUY, tous les ouvriers ont travaillé aujourd'hui. A Saint-Louis sont descendus 370 mineurs ; à Bleuze-Borne, 60; à Chabaud-Latour, 42, à Lavaresse. 40; à Saint-Léonard, 18; à Amaury, 2; à Bonnepart, 4; dans les fosses de la division d'Abscon, 458 sur 2,500. 
  A Dechy, la travail a repris complètement. Dans toutes les autres fosses dépendant de la compagnie d'Aniche, le travail s'est continué de la manière la plus régulière, sauf à la fosse de Gayant où une partie des ouvriers se sont mis en grève aujourd'hui. Cent mineurs seulement sur 215 sont descendus dans cette fosse qui fait partie de la division de Douai. A Berincourt, qui appartient à la même division, quelques ouvriers ont également cessé leur travail ; 13 sur 35 sont descendus aujourd'hui. 
  Des mesures militaires ont été prises immédiatement pour empêcher l'agitation, qui a seulement éclaté dans ces deux fosses, de gagner du terrain. 
  Peu d'incidents à noter. Ce matin, un groupe d'environ 200 grévistes, armés de bâtons, s'est présenté à l'entrée de la fosse Saint-Louis pour empêcher les mineurs de descendre. Pendant ce temps, une autre bande faisait la même chose à Bleuze-Borne. 
  La troupe a dispersé ces bandes et arrêté 23 individus qui ont été relâchés quelques instants après. 

Douai, 27 juillet. 


Situation excellente dans l'arrondissement de Douai. Toutes les fosses de la compagnie d'Aniche travaillent dans les conditions normales. A Gayant, il ne manque plus que 30 ouvriers ; les deux tentatives de grève de Dechy et Gayant ont été réprimées aussitôt ; on espère qu'elles ne se renouvelleront pas. On a de bonnes nouvelles du groupe d'Abscon de la compagnie d'Anzin : cinq cents à six cents ouvriers sont descendus ce matin dans les fosses comprenant ce groupe ; c'est le tiers de l'effectif normal. 

Douai, 26 juillet, soir. 


Le tribunal a jugé aujourd'hui un certain nombre de grévistes peur mendicité ou pour avoir voulu empêcher le travail à Guesnain. Un de ces derniers a été condamné a huit mois de prison et deux ans de surveillance. On assure que l'autorité judiciaire aurait mis la main sur un ou deux des principaux instigateurs de la grève. 

Somain, 27 juillet. 

La nuit a été calme; les ouvriers de la compagnie d'Aniche sont descendus sans hésitation aux fosses de Sainte-Marie, l'Archevêque et de la Renaissance. Il y a, aux fosses de la compagnie d'Anzin, près Somain 126 ouvriers descendus à la fosse Casimir Perier, 181 à Rœulx, 232 à Saint-Marc. La situation continue à s'améliorer. 

lundi 23 mars 2020

La grève dans le Nord et à Guesnain en octobre 1925 d'après l'Humanité du 13 octobre 1925















LA GRÈVE EN PROVINCE 

Beau mouvement dans le Nord malgré les chefs jaunes


Lille, 12 octobre (Humanité.) 
Malgré l'immonde. coalition du consortium textile des syndicats chrétiens et des chefs réformistes, malgré une abondante campagne de presse et un déluge d'affiches venimeuses contre le Parti communiste, nombreux sont les travailleurs du Nord qui ont signifié en faisant grève qu'ils. voulaient la paix immédiate au Maroc et en Syrie.
A Halluin et Roncq la grève est totale. Une manifestation de plusieurs milliers d'ouvriers a parcouru les rues de la cité rouge.  A Roubaix, fief du social-traître Lebas, une forte minorité chôme.  
D'autres renseignements favorables nous arrivent des mines.Voici le pourcentage des grévistes dans le bassin du Nord
De Sessevalle 100 p. cent, Gayant 45 pour 100, Bernard, 40 p. 100, Escarpelle, 20; p. ,100, Guesnain 100 p. 100, Dechy 50 p. 100. 

Un coup de téléphone de Béthune nous annonce une bonne participation des Polonais aux côtés de leurs camarades français;

A Marles, 50 p 100 de grévistes à Vendin 60 pour cent. Là, dans le Pas-de-Calais, les chefs réformistes, en plus de leur appel de briseurs de grèves, ont fait courir le bruit que la grève était ajournée. Néanmoins, dans de nombreuses fosses, les ouvriers font grève..Des., ,-incidentsi viennent, de se produire à Halluin. Je m'y rends, F. BONTE.

Dans le bassin d' Anzin


Fresnes-sur-Escaut, 12 octobre (Humanité)  Malgré le sabotage systématique à tous points de vue de la police et des social-réformistes, la grève de 24 heures a .obtenu un appréciable succès dans le bassin minier d'Anzin. Des renseignements que nous avons recueilli sur place dans les cités minières, nous pouvons affirmer sans exagération; aucune que plus de trente pour cent des mineurs, ont pris part à la bataille.
Si l'on tient compte des procédés honteux employés, par les réformistes, on peut s'estimer heureux d'un tel résultat. -Ajoutons que de nombreux mineurs réformistes et inorganisés ont participé au mouvement ce qui indique qu'en dépit du sabotage des contre-révolutionnaires les mineurs ont reçu l'écho des mots d'ordre du Comité d'Action contre les guerres coloniales et notre gouvernement impérialiste. L. Raux

L'incident de Waziers


Douai, 12 octobre (Humanité). Il y a d'excellents résultats dans les bassins miniers d'Anzin du Nord et du Pas-de-Calais ; le moral est enthousiaste parmi les ouvriers participant au mouvement du bassin d'Anzin où il y a où il y a une moyenne de grévistes de 40 p. 100. Au puits Haveluy, il y en a 80 p. 100. Malgré une réunion donnée la veille du mouvement par Rossy, secrétaire du syndicat réformiste a Blignières, les pourcentages sont 30 à Lambregh 80 à Hérin, 25 à Bleuse-borne, 80 à Cuvinot à Agache 80 à Thivencelles. Dans le bassin du Nord, la moyenne des grévistes est de 75 p 100 au puits de Sessevalle ; 100 p. 100 à Gayant ; 95 à Bernard ; 40 à Dechy ; 50 à Saint-René ;100 p. 100 à l'Escarpelle ; 80 à Bonnel 80 à Pecquencourt, à Vred, 80
Le chômage, est complet à Veine, Flines-lez-Râches. A Waziers, en présence du sous-préfet qui interdisait les groupements des grévistes voulant se poster sur la route de la mine pour connaître ceux ayant travaillé, la commission syndicale unitaire repoussa la prétention du .sous-préfet, en répondant  du bon ordre. 150 hommes de troupes furent envoyés à Waziers, commandés par le capitaine de gendarmerie. La cavalerie fit des sommations réglementaires par sonneries de1 trompettes et se déploya en ligne pour charger la foule cernée. Le courage et le sang-froid. du camarade Guironnet, maire communiste, empêchèrent une échauffourée entre les troupes et les mineurs.
En général de nombreux gars du bâtiment et des métaux s'étaient joints aux mineurs du Pas-de-Calais pour donner de l'ampleur au mouvement– Morival Marceau.

A Somain

Somain, 12 octobre. (Humanité.) Une grandiose manifestation a eu lieu à Somain dans. le Nord. Les mineurs de Sessevalle, Somain et environs qui chômaient en grande majorité ont tenu un grand meeting au cours duquel la foule frémissante acclamait les mots d'ordre du Comité d'Action.. Ensuite un impressionnant cortège s'est déroulé, au nombre, 1500, à travers les rues de Somain, musique en tête. Kirsch