Guesnain

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jeudi 10 décembre 2020

Un mineur asphyxié sous un éboulement à Guesnain en 1928







 

Un mineur écrasé à la fosse Saint-René relaté dans le Nord Maritime du 15 janvier 1924




UN MINEUR ÉCRASÉ PAR UN BLOC DE 1500 KILOS

Un terrible accident s’est produit A la fosse Saint-René, à Guesnain. Un ouvrier mineur polonais, Laurent Kasmelek, 31 ans, au cours de son travail, a été pris sous un bloc de pierre pesant près de 2.000 kilos. Le malheureux a eu la poitrine littéralement broyée. Ses camarades ont eu beaucoup de peine à dégagea son cadavre.


mercredi 9 décembre 2020

LA BATAILLE DES MINEURS DANS L'HUMANITÉ DU 20 FÉVRIER 1923

 LA BATAILLE DES MINEURS DANS L'HUMANITÉ DU 20 FÉVRIER 1923





Dans les bassins du Nord et d'Anzin 
 Le cap du lundi est franchi merveilleusement 

Douai, 19 février : « Ce sera dur, mais il y a bon espoir » me disaient hier tous les camarades avec qui j'ai pu causer. Ç'a été dur, en effet, mais le cap du lundi a été merveilleusement franchi et, aujourd'hui, les grévistes de samedi se sont tous retrouvés. 
  De bon matin, en compagnie de Lauridan, nous sommes embarqués pour une visite générale de tout le bassin. Premier arrêt : Dechy, centre où les réformistes dominaient. Nous voulions voir un camarade unitaire, mais on nous dit qu'il est couché. Ça se comprend, il a ■ « patrouillé » toute la nuit. Nous en trouvons un autre en train, des se débarbouiller : 
— Alors, ça va ? 
—. Ça va, ça va, 50 descentes pas plus. En route pour Guesnain. Ici, la situation est encore meilleure. Même pas 15 descentes, malgré que l'ingénieur et les gendarmes soient allés tenter un racolage dans les cités. A Lewarde, pas de descentes. Nous filons sur Masny. A la fosse Vuillemin, on compte des défaillances, aussi elle présente quelque activité. La patronne de l'estaminet voisin se vante auprès de nous d'avoir, dans la nuit, donné à boire à des artilleurs qui ont veillé sur la fosse. Elle tombe bien, la patronne. Ici, en somme, seuls les unitaires ont tenu le coup. A Ecaillon, le nombre des grévistes s'est maintenu, malgré que Tribout, délégué mineur réformiste de Sainte-Marie soit allé racoler des Polonais.   Auberchicourt est un centre où domine le fameux Tribout, ce, qui explique que le nombre des grévistes ne soit pas plus fort que samedi. A la fosse Sébastopol, tout le  monde est cependant resté dehors. 
 Nous arrivons à Aniche. Un tour à la coopérative où un camarade nous dit que l'esprit est resté excellent. Un tour à la maison des verriers, puis au siège du syndicat des mineurs où nous  trouvons un paquet de camarades : 
— Alors ? 
—C'est bien.. C'est bien, ici ça se maintient. 

Une manifestation à Somain 

Maintenant filons à toute vapeur, sur Somain, où une réunion est organisée pour 10. h. 30. Place de l'Eglise, des groupes attendent autour d'un vaste baraquement. C'est le lieu de la réunion. Une salle archi-bondée. De 1.500 à 2.000 per sonnes. Pistons et trombones jouent' l' Internationale, reprise au refrain par tous, puis la parole est à Lauridan qui, en quelques mots, met les mineurs de Somain au courant de la situation. Lauridan dénonce , avec force la trahison des chefs réformistes qui sont hués comme il convient. 
  Les camarades, polonais, algériens, italiens, espagnols sont acclamés, puis on décide de se rendre en cortège à , Escaudain, fief de Rossy, centre réformiste du bassin d'Anzin. Une nouvelle Internationale et en route. 
 C'est une  impressionnante colonne qui s'ébranle, musique en tête. Les drapeaux  sont vaillamment portés par de gentilles camarades. Tout du long, l'Internationale retentit, scandée de : « Vive... vive... vive la grève ! ■» » Bou... bou... bou... ié ié ! » (cri de grève des mineurs du Nord). 
  Lauridan s'en va à Vred et dans tous les coins du bassin de l'Escarpelle. Je  prends le train pour Denain, où on me renseignera exactement sur la situation du bassin d'Anzin. Le train arrive à Escaudain quelques minutes après le passage des manifestants. Tout le monde en cause. Rossy a été copieusement conspué. Quelques jaunes furent obligés de se mettre en tête du cortège. A Denain, la première question : 
— Que devient la grève"? 
— On pensait qu'elle flancherait, me dit un camarade de la fosse Cambacht, la fosse rouge du bassin. On se trompait, puisque aujourd'hui, non seulement le nombre des grévistes de samedi s'est maintenu, mais il serait sensiblement augmenté. Je vois Moniez, trésorier du syndicat, en compagnie de Viel, délégué de la C.G.T.U.: situation satisfaisante, me dit-il. 
  A Sin-le-Noble, fief de Quintin, toujours chômage complet à la fosse NotreDame. 
  A Frais-Marais, le front unique a continué. Le secrétaire réformiste, au contraire de ses collègues du bassin, a empêché des ouvriers de se rendre à la fosse,    On signale qu'aux abords de la fosse du bassin de I'Escarpelle, les gendarmes ont chargé sabre au clair sur la foule des  grévistes, sans réussir à disperser nos camarades. A De sessevale (Somain), pendant l'absence des mineurs qui manifestaient, les gendarmes auraient également chargé sur les femmes qui étaient venues surveiller l'abord, des fosses. Mais il est trop tard pour que je puisse vérifier. En résumé, situation excellente. Aujourd'hui les mineurs unitaires du bassin du Nord et d'Anzin, ont administré aux Compagnies la preuve qu'ils savaient défendre leur pain. Demain, ils continueront, disciplinés, solidaires. et enthousiastes, pour obtenir leurs trente sous— M. Chambelland,

dimanche 22 novembre 2020

RELEVÉ DE CARNETS DE PAIE À LA FOSSE SAINT RENÉ POUR METTRE EN ÉVIDENCE LES BAS SALAIRES EN 1912 DANS "LA VOIX DU MINEUR" DU 27 JUILLET 1912

 



GUESNAIN. 

Réunion

Dans une réunion, les ouvriers de la fosse Saint René, à Guesnain, avaient décidé d'écrire à la direction des mines pour lui soumettre leurs réclamations, ils donnèrent mandat au citoyen Quintin de faire le nécessaire. Aussitôt en possession de la réponse de la compagnie, des réunions furent organisées à Guesnain et à Lewarde au commencement de juin, les citoyens Caulier et Quintin tinrent les ouvriers au courant de la réponse.

Le citoyen Caulier fut chargé de faire un relevé des carnets de paie des ouvriers le 22 juin. 

Voici le relevé des salaires qu'il a pu établir : 267 carnets d'ouvriers à l'abattage ayant 3.290  journées, avec 20929 frs 55 de salaire, formant une moyenne de 6 fr. 36 primes comprises : pour les aides mineurs, 20 carnets ayant 210 Journées avec 999 fr. 50 de salaire, formant une moyenne de 4 fr. 575.

Voilà, camarades, le respect des engagements pris par les compagnies. Cela tient surtout à ce qu'il y a encore des camarades qui restent en dehors de l'organisation syndicale. 

Camarades, ce n’est qu'en vous unissant sous la bannière syndicale et en assistant aux réunions pour y discuter et défendre vos intérêts que vous arriverez à mettre fin à cette situation.

Une nouvelle prise de fiches sera faite sous peu.

Les patrons disent que ce sont les cabaretiers qui ont donné vos carnets sans votre consentement.

Je suis certain que vous ferez fi de cette calomnie et puisque vous touchez votre carnet  individuellement pas un de vous ne fera sans le montrer. Agissant ainsi en conséquence, nous verrons si la compagnie aura le toupet de continuer à rogner  sur votre salaire. D'ici peu, nous demanderons avec vous que la distribution des carnets se fasse comme en beaucoup de compagnies à votre arrivée au Jour. Je vous ferai connaître le jour que je ramasserai les carnets de paie, donc à vous d'agir dans votre intérêt personnel et général

En faisant cela, voua ferez voir à la compagnie que les cabaretiers n'étaient pour rien la dernière fois. ,

CAULIER Olivier.


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mardi 17 novembre 2020

Broyée par un crible mécanique à la fosse Saint-René le 14 août 1911

 


Broyée par un Crible mécanique 

DOUAI, 14 août. (Par dépêche de notre correspondant particulier.) — Une trieuse de quatorze ans, Renée Devred, occupée à la fosse Saint-René, des mines d'Aniche, à Guesnain, est tombée dans un crible mécanique et a été broyée. La mort a été instantanée.



mardi 10 novembre 2020

Le travail des enfants à la mine dénoncé par un syndiqué dans la Voix du Mineur



GUESNAIN. 

— Chacun sait chez nous que les élections pour les délégués mineurs vont avoir lieu sous peu. Le sieur Tonneau délégué actuel de la fosse St René à Guesnain n’attend pas le dernier jour pour jeter la pierre à notre organisation.

L’on nous rapporte eu effet la fait suivant : dernièrement, appelé pour son service chez un blessé, la conversation tomba sur la Caisse de secours

Trouvant l'occasion propice de salir nos militants Tonneau ne trouva rien de plus beau que de faire la déclaration suivante : 

« Si les malades ne touchent pas de secours c’est la faute des délégués À la Caisse de Secours qui ne font pas leur service ». Je souhaiterai pour ma part que Tonneau fasse son service de délégué mineur comme les camarades Bertiaux et FLinois font le leur a la Caisse de secours ; car jamais depuis qu’d. sont élus un ouvrier ne peut dire que ces camarades se sont désintéressés de ses intérêts. il n’en est pas de même de Tonneau qui n'a toujours été que l’homme de la Compagnie et j'espère que les ouvriers de Guesnain lui prouveront bientôt qu'ils en ont assez de sa personne en le remplaçant par un délégué mineur du syndicat.

Il me parait que la loi sur la réglementation des heures de travail est très bien observée à la fosse Saint-René des mines d’Aniche car on voit des enfants descendre à 5 heures du matin avec les ouvriers en présence du délégué mineur et en remonter à 4 heures du soir, cela fait 11 heures consécutives de travail au fond de la mine pour des enfants âgés de moins de seize ans. Le délégué ne fait aucune observation sur ses rapports vu aussi qu’il est l’homme de la compagnie depuis longtemps. Allez, pères du familles, vous devez savoir que la santé de vos enfants est compromise, vous devez savoir que vos intérêts ne sont pas sauvegardés, car le délégué ne peut avoir son indépendance comme vos délégués mineurs voisins car il reste sous la tutelle de la compagnie.

Camarades, ne restez plus en arrière et votez tous en masse pour le candidat du syndicat si vous voulez voir amoindrir vos misères et augmenter vos salaires.

Si vous voulez voir nos matériaux rapprochés près des plans ou à front de taiiles et ne plus être obligé d’aller passer une demi journée tous les jours, pour avoir le bois nécessaire pour le travail.

Si vous voulez vivre en hommes conscients et non comme la brute qu’on exploite sans pitié, syndiquez-vous et lisez La Voix du Mineur.

Mais aussi, camarades, tous aux urnes pour le candidat du syndicat aux futures élections de délégué mineur

Je vous rappelle, camarades, que ce vote se fait sous enveloppes, donc vous n’avez pas à hésiter de voter pour le candidat du syndicat, le citoyen Fiinois.

Un syndiqué.






dimanche 18 octobre 2020

LES RENTES DES MINEURS, ACCIDENT DU TRAVAIL À LA FOSSE SAINT-RENÉ DE GUESNAIN,1902_01_27_Le_R_veil_du_Nord

 


— Fosse Guesnain. — Le nommé Descamps Arnould a été victime d'un accident le 3 janvier. Voici les dépositions du blessé et de deux témoins : Descamps (dit le Lillot) faisait de la place pour une bille dans la voie de dessous, en avant de la taille. Il avait formé un «meurthia » de cailloux derrière lui pour indiquer la séparation des charbons et des terres ; et était monté sur le tas, à environ 1 m. 50 de la dernière bille qu'il venait de placer afin de faire tomber une pierre pour la remplacer par une autre bille. Au moment où la pierre se détacha, le malheureux glissa les deux pieds en avant et eut la jambe gauche prise sous la pierre qui la lui écrasa sur une longueur de 20 centimètres environ, entre la cheville et le genou. 
Le rapport du 4 janvier, fait par le délégué mineur de Saint René, fosse Guesnain est erroné ; ce dernier dit, en effet, que c'est en reculant que Descamps a butté et qu’il a été pris sous la pierre. Le rapport du délégué indique aussi que la pierre mesurait 0 m 85 de longueur, 0 m. 60 de largeur 'et 0 m. 30 d'épaisseur : c’est encore inexact, car la pierre était si grosse qu’elle a cassé net une bille. En roulant, cette pierre s'est même brisée, c’est ce qui fait que le délégué voulant en finir plus vite, n’en aura vu qu’une partie. Le travail a été fait réglementairement.



samedi 17 octobre 2020

GRÈVE GÉNÉRALE DES MINEURS, RÉSULTAT DE LA CONSULTATION, 1901_09_19_Le_Temps

 





Voici quelques nouveaux résultats sur le référendum relatif à la grève générale :


Mines de l'Escarpelle. ” A Dorignies : pour la grève 390 voix, contre 40 ; à Pont-la-Deule : pour 70, contre 9 ; à Escrebieux : pour 43, contre 8.


Mines d'Aniche. ” A Sin-le-Noble : pour 315, contre 37 ; à Waziers : pour 164, contre 29 ; à Lewarde-Guesnain : pour 85, contre 18; à Dechy : pour 126, contre 18; à Aniche : pour 223, contre 59; à Abscon : pour 17, contre 2.


Mines de Douchy : pour 342, contre 133.


Mines d'Azincourt : pour 230,. contre 35.






vendredi 16 octobre 2020

LES GRÈVES DANS LES BASSINS HOUILLERS, 1893_09_23_Le_Temps





Les grèves dans les bassins houillers





D’après les instructions du président du conseil, les juges de paix de la région minière du Nord et du Pas-de-Calais ont usé dès aujourd’hui de l’initiative que leur confère l’article 10 de la loi du 27 décembre 1892 en invitant par voie de circulaires et d’affiches les ouvriers mineurs et les compagnies à produire leurs réclamations en vue d’une tentative de conciliation. (Dépêches de nos correspondants particuliers) Douai, 22 septembre, 11 heures.) 
La situation reste stationnaire dans le bassin de l’Escarpelle et d’Aniche, où la grève est à peu près générale. La nuit a été calme. Toutefois, une bande de grévistes a tenté d’empêcher des ouvriers de se rendre à la fosse Saint-René, à Guesnain, la seule fosse du bassin d’Aniche qui ait résisté jusqu’à présent à la grève. Des détachements de gendarmerie et du 19° chasseurs à cheval les ont poursuivis dans les champs. Neuf arrestations ont été opérées. Nouvelle diminution de grévistes à la fosse Saint-Roch de la concession d’Azincourt, où 67 mineurs sont descendus aujourd’hui. La descente est complète ce matin à la fosse Casimir-Perier du bassin d’Anzin. Le congrès des délégués mineurs du Nord se réunira demain à Sin pour examiner la question d’arbitrage comme le congrès de Lens. Le tribunal correctionnel de Douai a prononcé ce matin les condamnations suivantes: Monier, mineur à Dorignies, accusé d'avoir empêché le travail, 15 jours de prison; Edouard Duez, mineur à Somain, accusé d’avoir traité de menteur un gendarme, 3 jours de prison, ayant déjà subi, deux jours de prévention ; Emile Mercier, mineur à Somain, accusé d’avoir outragé le colonel du 19e chasseurs, de l’avoir traité de fainéant et d’avoir ajouté : "Tu te sens des forces aujourd’hui, mais demain tu auras de mes nouvelles » : deux mois de prison ; Jean-Baptiste Ucher, mineur à Somain, accusé d’outrage au sous-lieutenant Prévost du 19e chasseurs ; 15 jours de prison; Damien, mineur à Monchecourt, accusé d’entrave à la liberté du travail: 15 jours de prison. 

jeudi 15 octobre 2020

Nuit mouvementée et grève dans la Concession d'Aniche

LES GRÈVES




Concession d'Aniche

Nuit mouvementée

 Jeudi soir, à l'issue d'une importante réunion tenue à Roost-Warendin par M. Jouveneau, de nombreux grévistes, dont quelques-uns portant des bâtons, se forment par bandes et s’avancent dans la direction de la Scarpe qui sépare le bassin de l’Escarpelle de celui d'Aniche. Mais, se rappelant sans doute que, lors de la grève de 1889, ils s’étaient heurtés à toute une série de brigades de gendarmerie échelonnées, ils envoient des éclaireurs qui aperçoivent les ponts occupés par des gendarmes à cheval. Sans se décourager, ils modifient immédiatement leur tactique et font un très grand détour par le pont de Râches, le pont de Baillon et Anhiers et arrivent à la fosse Gayant, à Waziers, où, là encore, ils se trouvent nez à nez avec les gendarmes. Aussitôt les bandes se dispersent pour se reformer plus loin et s’avancer à pas de loup, avec un silence tel que les patrouilles ne les entendent pas. Ils parviennent ainsi dans des corons de Dechy et de Sin, où ils frappent aux portes et réveillent les ouvriers, dont ils entraînent une partie à leur suite. On les retrouve à la fosse Saint-René, à Guesnain, qui jusqu'à présent est restée étrangère au mouvement. Ils y rencontrent 18 gendarmes à cheval, disparaissent encore et marchent sur Auberchicourt et Aniche. Pendant ce temps, l'officier commandant l'escadron du 4e cuirassiers occupant Aniche depuis plusieurs jours, prévenu par la gendarmerie que le but des grévistes, qui vont être plusieurs milliers, du Nord et du Pas-de-Calais, dans un instant, est d’arriver jusqu'aux fosses de la division d'Aniche, fait sonner la générale et bientôt les hommes sont rangés sur la place, prêts à se porter en avant. L'ordre de partir arrive et alors l’escadron s'ébranle, formant avec les gendarmes des patrouilles qui commencent une véritable chasse à l'homme très difficile, par une nuit sombre, le vent et la pluie. Les grévistes, eux non plus, n'ont pas perdu leur temps, et, avec une véritable science militaire, ils ont employé l’ordre dispersé, plaçant à une série de points stratégiques , importants: sentiers , routes, croisements de routes, petits ponts, ponts de chemins de fer, etc., des petits postes reliés entre eux par des sentinelles volantes.

Les patrouilles arrivent, les groupes disparaissent comme par enchantement, les hommes se cachent dans les fossés, dans les haies, puis se reforment à une certaine distance. Un officier ou un sous-officier voit un groupe qui disparaît tout à coup, près d'une maison, il le cherche en vain. Cependant, il veut en avoir le cœur net ; il enflamme une allumette et s'aperçoit que les grévistes sont collés au mur d’un cabaret et tournent en même temps que lui autour de cette habitation. Ce n’est que vers six heures du matin que tout est rentré dans l’ordre ; soldats, gendarmes et grévistes épuisés de fatigue. Cette manœuvre des grévistes n’a du reste entraîné qu’une soixantaine d’ouvriers de Somain et de Villers-Campeau qui ne sont pas descendus ce matin. Les autres fosses de la division d’Aniche sont au complet. Quant à la division de Douai, elle donne comme eflectif des descentes : Fosse Gayant, 61 descendus sur 201 ; Notre-Dame, 113 sur 338; Dechy, 130 sur 380 ; Bernicourt, 30 sur 137 ; Saint-René à Guesnain, 338. Au total, 681 descendus sur 1.431 Aucun incident grave à signaler. On raconte, toutefois, que des grévistes auraient jeté des pierres à un gendarme, mais sans l’atteindre. 

jeudi 11 juin 2020

Les grèves du Nord, et une marche vers Guesnain




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Les grèves du Nord 


Ce n'est plus seulement dans les houillères du Pas-de-Calais que la grève existe, elle s'étend dans le département du Nord et se développe en Belgique. Voici les renseignements que nous communique l'Agence Havas sur les grèves en France : 

Lille, 22 octobre. 


La nuit dernière, les grévistes de Dorignies sa sont dirigés de Waziers à Sin-le-Noble pour arrêter le travail dans cette portion de concession. 

A Aniche, ils ont en partie réussi, car à la fosse Gayant, une centaine de mineurs, sur 500, n'ont pas repris le travail, et à la fosse Bugnicourt un certain nombre de mineurs ne sont pas descendus. 

Les fosses du bassin de l'EscarpelIe, qui continuent à travailler, n'ont qu'un effectif très restreint. Tout est calme cependant. 

Des patrouilles de gendarmerie et d'artillerie circulent d'une fosse à l'autre pour assurer le maintien de l'ordre. La nuit dernière, un gréviste est tombé dans une escarpe et n'a pu être retiré qu'une heure après. Un artilleur qui se trouvait non loin de là a essayé en vain de lui porter secours. 

Les nouvelles qui nous parviennent ce soir paraissent plus rassurantes. 

Arras, 22 octobre. 


La situation de la grève s'est un peu améliorée dans le centre des bassins de Courrières, de Drocourt et de Lens, au puits n° 3 ; mais la grève s'étend vers les deux extrémités de la région. 

Le chômage est complet à Bruay. On a des inquiétudes à Nœux et à Marles. 

Dans le Nord, le chômage est également complet à l'Escarpelle, et commence à gagner Aniche. 

Dorignies, 23 octobre. 


Dans une réunion qui a eu lieu hier ici, M. Jouvenot a rendu compte.de l'entrevue avec M. Brun, directeur de la Compagnie de l'Escarpelle. La continuation de la grève a été décidée à l'unanimité. L'assemblée a décidé que l'on partirait en groupes sur Sin-le-Noble, Dechy, Guesnain, Lewarde, Aniche, Denain, Anzin, Abscon. 

A la sortie de la réunion, les mineurs ont été dispersés par la gendarmerie et l'artillerie, mais ils se sont reformés en un groupe compact qui, drapeau en tête, après avoir circulé dans Dorignies en recrutant des camarades se sont dirigés sur Waziers. 

La route leur a été barrée par la troupe au pont du fort de la Scarpe. Une arrestation y a été opérée. Ils se sont rendus par petits groupes à la réunion qui devait avoir lieu à. Waziers. 
La grève a été également proclamée. 
Il a été décidé que deux groupes se formeraient pour aller détourner les mineurs du travail dans le reste de la concession d'Aniche, Denain et Anzin.


Les grèves du Pas-de-Calais ont gagné, le Nord, à l'Escarpelle et menacent de s'étendre jusqu'à Aniche. L'augmentation de 10%, réclamée et obtenue par les grévistes a paru insuffisante à quelques-uns. Dans le but d'obtenir en outre quelques modifications équivalant, dit-on, à une augmentation nouvelle de 3 % de leur salaire, les mécontents ont décidé de continuer la grève et d'y entraîner ceux de leurs camarades qui, satisfaits des concessions obtenues, avaient repris leur travail. Ils y ont réussi en partie, de sorte que la région du Nord compte en ce moment plus de 13,000 grévistes, bon gré mal gré. L'augmentation de 3 % en vue de laquelle les mineurs font la grève ne les dédommagera pas des frais de chômage employés à la conquérir.
On écrit au Nouvelliste du Nord : 
A Bruay, la grève de partielle est devenue générale. Dans le bassin de Bully-Grenay, le mouvement s'est étendu et une grande partie des ouvriers chôment. A Liévin, à Courrières, à Courcelles-lez-Lens, la situation ne s'est pas modifiée. On signale une légère détente chez les ouvriers de la compagnie de Drocourt.
Nous n'avons à signaler aucun incident. Le nombre des soldats qui se trouvent sur le théâtre des grèves est maintenant considérable. 
Quant au chiffre des grévistes, dans le Pas-de-Calais seulement, il dépassait ce matin treize mille. C'est un des plus élevés qui aient été atteints.
La grève est générale à Dorignies, et dans tout le bassin de l'Escarpelle. Vers trois heures, ce matin, des mineurs de Dorignies, au nombre de cent cinquante, se sont portés vers la fosse de Waziers, appartenant à la compagnie d'Aniche. Une collision s'est produite aux ponts du fort de Scarpe, qui étaient gardés par les troupes d'infanterie et d'artillerie. Les mineurs ont été repoussés ; mais cent mètres plus loin, ils ont traversé la canal les uns en barque, les autres à la nage»
Ils ont essayé d'arrêter le travail à la fosse Gayant, où déjà, 340 mineurs sur 400 n'étaient pas descendus. Ils sont revenus à Dorignies ; mais, en repassant le canal, le nommé Auguste Fontaine s'est noyé ; son cadavre a été retiré une heure plus tard. A une heure, une réunion fort mouvementée a été tenue à Dorignies, chez Deleau; deux cents assistants ont voté la continuation de la grève. Aux revendications déjà formulées, ils ont ajouté le renvoi de deux chefs porions et du médecin M. Dransart. Une délégation des mineurs de Courcelles est arrivée ce matin à Dorignies. 
Rien à signaler pour Sin, Dechy, Guesnain et Aniche. Comme la paye se fait partout aujourd'hui, on craint que la grève ne soit complète demain à Dechy.
 Les fosses sont gardées partout par la gendarmerie et la troupe. 

mardi 21 avril 2020

Un article sur les mineurs du Nord et leurs dures conditions de travail à Guesnain, un article paru dans le journal "L'Intransigeant" du 21 décembre 1883. Extrait d'un discours de Basly










LES MINEURS DU NORD


Une importante réunion vient lieu à Denain, composée de délégués des syndicats de Vieux-Condé, Hergnies, Fresnes-le-Trieux, Fresnes-le-Midi, Onnaing, Anzin, Bruay, Vicoigne, La Sentinelle, Saint-Waast, Herrin, Haveluy, Wallers, Helesmes, Lourches, Abscon, Escaudain, Erre, Fenain, Somain, Aniche, Monchecourt, Pecquencourt, Dechy, Guesnain, Sin-le-Noble, Waziers, Dorignies, Denain, qui ne comprennent pas moins de 1,500 mineurs. 
La réunion a eu lieu à trois heures, salle de l'Hermitage ; 80 délégués étaient présents. 
Du remarquable discours du citoyen Basly nous citons le passage suivant :
Sous le prétexte que les machines qui font mouvoir les cages sont d'une force trop grande pour le peu de profondeur de la fosse (200 mètres), la Compagnie a exigé des mineurs qu'ils descendissent par les échelles, et quand ils se présentèrent samedi matin, à l’entrée des puits, on leur déclara qu'à l'avenir ils n’auraient à se servir que de ce moyen de descente. On sait combien ce système est pénible et dangereux ; de plus, l’eau dégouttant constamment des parois lorsque des ouvriers atteignent le niveau d'extraction, ils se trouvent mouillés jusqu'aux os. 
Les ouvriers n'acceptèrent point cette transformation et se retirèrent au nombre do 430.
Ce sont, on le voit, des vexations continuelles. Il y a quelques jours les mineurs de Bruay voulaient également se mettre eu grève par suite du renvoi de plusieurs de leurs camarades. C'est sur nos instances qu'ils ont bien voulu attendre.
A Dorignies le même fait s’est produit. La Compagnie a voulu imposer un travail épouvantable pendant la quinzaine Sainte-Barbe. 
Exténués, les mineurs refusaient de descendre dans la fosse et ce n’est-qu’à force de démarches qu'on a pu les convaincre que le syndicat pouvait seul s’occuper de, cette question d’une façon sérieuse. 
Cependant, conclut le délégué, ne précipitons rien, mettons en demeure les capitalistes de réintégrer nos camarades ; faisons pour cela appel aux pouvoirs publics, et si les proscriptions et les aggravations de travail dont nous sommes victimes ne cessent, alors nous aurons recours à la grève et ferons appel à la solidarité de nos frères de travail
Cette manière de procéder, a été acceptée par la réunion, qui n’a pas cessé d’être très calme.

Émile Basly, né le  à Valenciennes, et mort le  à Lens, à l'âge de 74 ans, est un syndicaliste et homme politique français. Une des grandes figures du syndicalisme dont il est l'animateur et le pilier pendant vingt ans dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, avec Arthur Lamendin, il fait ensuite une carrière politique à Lens, où son nom est indissociable de la ville, et passe à la postérité pour avoir inspiré à Émile Zola le personnage d'Étienne Lantier dans Germinal.

lundi 20 avril 2020

Un terrible accident à la fosse Saint-René, d'après un article paru dans le Journal de la ville de Saint-Quentin paru le 17 septembre 1882














Un terrible accident, qui aurait pu faire de nombreuses victimes, s’est produit avant-hier à la fosse Saint-René, des mines d'Aniche, à Guesnain. Le mécanicien procédait à la descente de la cage contenant cinq ouvriers mineurs qui descendaient à leur travail du fond, lorsque tout à coup, pris d’un étourdissement, il lâcha les fers de la machine et tomba à la renverse. La cage, livrée a elle-même, descendit bientôt avec une rapidité vertigineuse, et les cinq ouvriers qui s’y trouvaient enfermés se crurent un instant perdus. Heureusement la vitesse se ralentit un peu au moment où la cage allait toucher le fond et le choc, bien que formidable, fut amorti. C’est grâce à cet incident que les cinq ouvriers n’ont pas été tués sur le coup ; néanmoins tous les cinq sont blessés très grièvement.

Suite de la grève des mineurs, les ouvriers de la fosse Saint-René ont refusé de descendre, un article paru dans "le Français, du 28 juillet 1878














Les grèves. 

Bien qu’en somme la situation dans le Nord ne paraisse pas s’être améliorée, les journaux de la gauche prétendent qu’il y a une tendance à la reprise du travail. En ce qui touche le bassin du département du Nord, l'Impartial de Valenciennes résume ainsi la situation : 
A Denain, les ouvriers n’ont pas cessé jusqu’à présent de montrer le même calme. 
A Haveluy, sur 441 ouvriers, 308 environ sont descendus hier matin dans les fosses. Chose bonne à remarquer, c'est que tous les ouvriers mineurs domiciliés à Haveluy même se sont remis au travail ; ceux qui s’abstiennent encore sont des ouvriers étrangers à la commune. 
Dans les différentes fosses d’Anzin, un certain nombre de mineurs sont descendus. A Anzin, il y en avait samedi matin 40 environ , à la Réussite 86 , à Saint Louis 50. A Rœulx, à Abscon, à Saint-Marc, aux fosses d’Aniche appelées la Renaissance, l’Archevêque et Sainte-Marie, les deux tiers environ sont descendus. 
A Vieux-Condé seul, les mineurs persistent toujours dans leur refus de travailler. Samedi, ils ont eu avec le directeur général, M. de Marsilly, une entrevue qui ne parait avoir amené aucun résultat. 

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Pour la région d’Aniche, l'Emancipateur, de Cambrai, nous donne les renseignements suivants : 
La grève de la Compagnie d’Aniche semble rester stationnaire ; les mesures de rigueur prises par l’autorité militaire ont eu pour effet d’épouvanter les grévistes et de les empêcher de renouveler leurs tentatives sur des fosses encore en activité. 
Les ouvriers de la fosse Saint-René, à Guesnain, ont refusé de descendre ; une trentaine seulement ont repris leur travail ; l’autorité militaire faisait escorter par deux soldats chaque ouvrier qui désirait descendre dans la fosse ; mais la crainte de représailles de la part de leurs compagnons était si forte que peu de ces malheureux ont osé profiter de cette protection. On est parvenu à protéger efficacement les fosses d’Aniche ; les ouvriers de cette commune ne paraissent d’ailleurs nullement disposés à se mettre en grève. En résumé, il n’y a dans la Compagnie d'Aniche que trois fosses en grève, celles de Dechy, Guesnain et Notre-Dame, situées près de Douai, et encore dans ces deux dernières la grève n’est que partielle.