Guesnain

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jeudi 5 mars 2020

Carbon, Carbon comment produire plus ? Un article paru dans l'Humanité du 11 septembre 1937 qui prend pour exemple la fosse Saint-René à Guesnain








Suite de l'article :




Voici l'article extrait des deux pages, consacré au charbon dans le Nord et à l fosse Saint-René :






PRODUIRE PLUS ? LA FRANCE LE PEUT ! COMMENT ?
CARBON ! CARBON !

Du fond de son puis sombre, le mineur crie :
« Nous voulons, et c’est possible, produire davantage… On nous en empêche ! »

Et déjà voici recueillis sur place quelques faits qui se répètent 100 fois au Pays noir


(De. notre envoyé spécial Pierre MARS.)
Douai, septembre. 
Jean travaille au puits “l’Archevêque, à Aniche, au cœur du pays noir, mais ce lundi, je l’ai trouvé dans son jardinet attenant au coron terne, aux intérieurs
nets et propres. De là on voit la mine avec ses bâtiments de briques noircies, son chevalet métallique ajouré. Au loin, un long terri barre l'horizon comme une colline. Lundi : c'est le deuxième jour de repos des mineurs, depuis les 40 heures c'est un deuxième jour à rester à la lumière du jour, à revivre un peu sous ce soleil de septembre un peu lourd, mais- qui semble si bon, à ces hommes de la nuit, paysans noirs qui descendent dans les profondeurs mystérieuses de la  terre qu'ils grattent et creusent pour produire « le pain noir de l'industrie qui nourrit les machines et vous réchauffera l'hiver.

Et cela fait 35 ans que je descends à la mine : j'ai commencé à 12 ans. Mon père, avant moi, avait fait au fond du même puits 45 ans. 45 ans à répondre aux appels des porions » Carbon Carbon » Il est mort, usé. Avant lui encore, mon grand-père l’avait précédé. Et mon frère aîné a, lui, 40 ans de fond. Trois générations de cette même famille - le cas est loin d'être rare - se sont succédé ici, comme ces familles de fermiers qui sont restés de père en fils dans la même exploitation, et, du grand-père au petit-fils, ils ont pris le même chemin, rampé le long des mêmes galeries. 
_ Nos vieux pères, avec leurs pics, n'avaient pu épuiser la fin des petites veines étroites - 30 à 35 centimètres cle large - où il faut se mettre à plat ventre ou sur le dos, le marteau piqueur devant soi, comme on peut..
Curieuse application du progrès mécanique, cet épuisement des minces filons...
Mais il n'y a donc pas, ailleurs, des veines d'un rendement meilleur ? Si, et le puits est percé jusqu'à 500 mètres, depuis l'avant-guerre, avec des veines de 1 m. 20. Mais la direction ne s'est pas préoccupée, ces dernières années, de faire des travaux préparatoires comme c'était de règle. Et l'on nous a avisés qu'il faudra s'arrêter bientôt, le temps de rétablir les galeries plus profondes et obstruées.
- Et cela demande du temps !
- Dix-huit mois.
Des berlines !
Du matériel !
En sortant dans la rue calme animée seulement par. les exclamations des joueurs de boules, nous avons rencontré deux autres mineurs qui travaillent à rabotage et chez l'un d'eux nous avons repris notre causerie interrompue. La production les préoccupe et ils le disent avec leur accent chantant et leur langage savoureux 
_ T'vas voir si on est des courageux ou des fainéants comme ils disent qu'on est maintenant. A c't'heure on demande des chariots pour nous travailler !
Il me déplie un tract jaune adressé « aux camarades du puits l'Archevêque » où je lis :
« Depuis que nous bénéficions de la loi de 40 heures et des congés payés, le Comité des Houillères ne sait que faire pour nuire à la production charbonnière. C'est dans ces conditions que les dirigeants des Compagnies essaient divers moyens de sabotage, par exemple le manque de chariots pour l'écoulement des charbons, de sorte que les mineurs perdent une heure et demie de travail ». 
_ Voilà un document accusateur. Ça ne se passe pas, rien qu"à l' Archevêque,  dit son compagnon ; on peut te citer dix cas comme cela, sans compter les "couloirs" qui manquent,  les monteurs à  carbon qui fonctionnent mal.
« Mais écoute ce qui. vient de se passer au puits Dechy :
« A ce puits, où 1050 ouvriers travaillent, 2.000 berlines de 500 kilogs sont remontées par poste. Mais il manque du matériel et surtout des «barroux» (berlines).

Une comédie qui dure

« Notre délégué mineur, dans une lettre adressée le 17 juin dernier au ministre des Travaux publics affirmait déjà :
« II m'est permis, Monsieur le Ministre, de, vous certifier qu'au seul puits de la Compagnie des Mines d'Aniche, on peut, sans que les ouvriers se plaignent (au contraire) remonter 5 à 600 berlines de charbon en plus par journée de travail. Il s'agit d'une comédie qui dure depuis quatre mois. »
Et depuis, trois autres mois se sont écoulés. Après cette lettre cependant, une amélioration légère survint dans le matériel, mais la direction dut reconnaître, à une délégation ouvrière venant une fois de plus exiger du matériel, qu'elle manquait de 300 berli-
nes « commandées depuis longtemps »
ajouta le directeur général.
Admettons-le mais alors pourquoi, au début, certain haut-personnage de l'exploitation, recommandait-il aux porions de cacher qu'il manquait des berlines et d'affirmer, au contraire, que la mauvaise, volonté » des mineurs était cause de la baisse de la production? 
Où est donc la mauvaise volonté ? Et si, comme on le déclare maintenant, c'est le travail pour la Défense nationale dans la métallurgie qui est la cause du retard de livraison de matériel minier, ce n'est certainement pas ce motif ou ce prétexte que l'on peut invoquer pour les faits

Une démonstration générale


En juillet, le délégué mineur au puits Saint-René, à Guesnain (concession des mines d'Aniche) signalait avec satisfaction dans le journal syndical, que dans ce puits la production individuelle était en augmentation et permettait avec le même nombre d'ouvriers, de produire en cinq jours, la mêrne quantité de charbon qu'en six jours auparavant (avant les 40 heures et les lois sociales). Ici une parenthèse. Je.suis passé au siège du syndicat et j'ai obtenu communication du rapport du délégué mineur, le camarade Duez c'est un rapport complet, une pièce irréfutable, que la commission d'enquête pourra consulter.
Il y est démontré que la production journalière individuelle (fond et jour) passe de 1 chariot 75 en octobre 1936, à 2 chariots 15 en mars 1937, soit «une augmentation de 23%. Duez concluait, en précisant qu'un même nombre d'ouvriers (1.050) avaient produit en deux semaines de six jours (octobre 1936) 22.068 chariots (berlines) et en deux semaines de cinq jours (mars 1937) 22.570 chariots. Ainsi on enregistrait, non seulement une production égale en cinq jours de travail au lieu de six, mais une augmentation
Pourquoi ? Parce que les mineurs avaient, comme l'ensemble de la classe ouvrière, la volonté de produire, de prouver que les lois sociales ne gênaient pas la production, les mineurs, disons-nous, en plus, travaillaient là dans des conditions normales veines moyennes (de 0,75 à 1,40 d'épaisseur), matériel relativement satisfaisant.
Ça ne pouvait pas durer. Et le mineur reprend :
En. août dernier, on eut la surprise d'apprendre que 90 mineurs qualifiés du puits Saint-René étaient déplacés et envoyés au puits Delloye, sur le territoire de la commune de Lewarde, à la pointe du bassin minier d'Azincourt. Or, au puits Delloye, les veines sorit à peine de 30 à 35 cm, d'épaisseur, et pleines d'étreintes (terre) et de relais (gros cailloux) qui font perdre un temps énorme, « Ça apprendra aux mineurs de Saint-René à démentir les affirmations patronale. Car, bien entendu, on n'a pas remplacé au puits Saint-René les 90 ouvriers enlevés qui, à Delloye, produiront 25 à 30 % en moins, inévitablement, malgré la meilleure volonté. Et ce n'est pas le prétexte trouvé par la Compagnie (faire travailler les mineurs habitant une localité dans les puits situés sur cette même commune), qui donnera le change si les 90, ouvriers déplacés habitent bien Lewarde, cette mesure n’a été prise, que pour le puits Saint-René, et les mineurs de Lewarde travaillant à, Masny y restent, ceux qui habitent Guesnain vont toujours à Dechy, etc. La cause est entendue On a voulu, à tout prix, faire baisser la moyenne de production du puits Saint-René et par répercussion, de la concession tout entière !»

Il faut écouter les producteurs

Il est inutile d'ajouter que ces exemples sont pris dans les puits de la Compagnie des Mines d'Aniche où la production s'est maintenue à peu près à son niveau de 1936. Pourquoi ? Parce que c'est encore dans cette Compagnie que le matériel est le moins mauvais, et que l’outillage a été imparfaitement cependant, on  l'a vu renouvelé.
La conscience professionnelle des mineurs elle, est la même, est-il besoin de le dire, dans les autres concessions, mais les manoeuvres, la politique néfaste et à courte vue suivie pendant les années de crise par les magnats de la mine y ont été, ou sont plus graves encore  - a fait le reste.
Mais eux-mêmes savent que l'on peut faire mieux. Ils dénoncent encore la politique consistant en une baisse des prix à la tâche, pratiquée à l'heure actuelle par le patronat, politique qui « leur casse les bras » et qui est: un autre moyen de sabotage. Et enfin, avec tous leurs frères du pays noir ils disent, comme ce vieux mineur qui était en face de moi Le mineur le crie au gouvernement : C’est le comité des Forges qui n’en veut pas de la production Et son voisin concluait, en frappant la table du plat de sa large main où le noir charbon a laissé des traces indélébiles :

Même chez nous où les veines sont défectueuses, si on avait ce qu'il faut, la journée du lundi, on la rattraperait largement !
Les mineurs, dans le respect de leurs droits à la vie et de leur honneur d'hommes - trop longtemps odieusement bafoué - veulent produire : qu'on les écoute 1

Pierre MARS.



Une belle réunion à Guesnain article paru dans l'Humanité du 28 février 1931











Extrait de la page ci-dessus du journal L'Humanité sur la réunion des mineurs à Guesnain:

UNE BELLE RÉUNION A GUESNAIN LENS, 27 FÉVRIER. (L’Humanité.) A L'OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE CONTRE LE CHÔMAGE, LES DANGERS DE GUERRE ET LES DIMINUTIONS DE SALAIRES, LES MINEURS DE GUESNAIN (NORD) TINRENT UN IMPORTANT MEETING, SALLE DE LA MAIRIE. MALGRÉ LA PRÉSENCE DES GARDES MOBILES, DES POLICIERS ET GARDES DES MINES D'ANICHE, NOMBREUX ÉTAIENT LES MINEURS POLONAIS PRÉSENTS.
Après les exposés d'un des leurs, de Moniez, de Mocq et de Mercier, les mineurs approuvèrent l'ordre du jour présenté par Semail, délégué mineur, et avec enthousiasme acclamèrent la grève pour le 16 mars prochain.
Une large assemblée corporative se tiendra dimanche, salle Dervaux, à 4 heures, pour l'élection du comité de grève et la désignation des délégués au congrès d'unité d'action du 15 mars, à Douai. M. F.


dimanche 1 mars 2020

SPLENDIDE MANIFESTATION À GUESNAIN CONTRE LES PROJETS BONCOUR ET LA DIMINUTION DES SALAIRES , L'Humanité du 15 juin 1927








CHEZ «  LES GUEULES NOIRES » DU NORD
SPLENDIDE MANIFESTATION GUESNAIN CONTRE LES PROJETS BONCOUR ET LA DIMINUTION DES SALAIRES DOUAI, 14 JUIN. (HUMANITÉ.) A L'APPEL DE LA MUNICIPALITÉ COMMUNISTE ET DES ORGANISATIONS OUVRIÈRES, UNE SPLENDIDE MANIFESTATION S'EST DÉROULÉE DIMANCHE, À GUESNAIN, CONTRE LES PROJETS BONCOUR ET CONTRE LA DIMINUTION DES SALAIRES.


Plus d'un millier de travailleurs, drapeaux rouges en tête, ont parcouru la cité minière, au chant de nos hymnes révolutionnaires. A l'issue de la manifestation, un meeting était organisé sous la présidence de Soileux, maire de Guesnain.
Les camarades Coquelle, des Jeunesses. Darguesse, délégué mineur, et Porreye, de la C.G.T.U., prirent successivement la parole. Ils retracèrent l'action de la Fédération unitaire du Sous-Sol contre la diminution des salaires et stigmatisèrent l'attitude des chefs confédérés et du socialiste Boncour. Puis ils étudièrent la situation internationale et montrèrent les dangers de guerre. Dénonçant ensuite les scandales des arrestations de Monmousseau et de Semard, ils firent un vigoureux appel à l’organisation.
Leurs discours furent vigoureusement ovationnés et la salle se vida au chant de l'Internationale.


Une manifestation contre les expulsions à Guesnain en 1922, un article paru dans l'Humanité du 21 aout 1922


1922_08_21_L_Humanit__Retronews





UNE MANIFESTATION DANS LE NORD CONTRE LES EXPULSIONS

La commune de Guesnain, près de Douai, vient d'être le théâtre, d'une magnifique protestation de tous les habitants contre les expulsions. La Compagnie des Mines d’Aniche tente une ,nouvelle fois, avec le concours de la police et des huissiers, de mettre les locataires dans la rue. Grâce à l'ardeur et au dévouement du camarade Poingt Arthémise, secrétaire de la section, un camarade menacé d'expulsion a pu rester tranquillement dans sa maison, sans que l'huissier parvienne à s'emparer du mobilier. Le jour de l'expulsion, c'est-à-dire mercredi, un grand meeting était organisé avec le concours des camarades Soileux, maire de Guesnain Moniot, secrétaire général des mineurs, et les frères Morival ; ceux-ci démontrèrent point par point que la Compagnie des Mines d'Aniche, soutenue par le Bloc National, employait les procédés les plus infâmes contre la classe ouvrière. Plus de 800 personnes étaient massées devant la mairie ; elles se rendirent ensuite devant la maison de la victime au chant de l'Internationale, barrant totalement la route à l'huissier et à sa troupe.
Bonne journée de propagande, qui a démontré la force de la solidarité ouvrière. Une quête pour les grévistes du Havre a produit 44 fr. 30