Guesnain

Guesnain

vendredi 16 octobre 2020

Naissance du Tramway à Guesnain (De Dorignies à Aniche)1897_10_01_La_Liberté




Actes et documents officiels (Journal officiel du 1er octobre 1897) 

Décret déclarant d’utilité publique l’établissement, dans le département du Nord, d’une ligne de tramway à traction électrique de Dorignies à à Aniche.

Décret déclarant d’utilité publique l’établissement, dans lo département du Nord, d’une ligne de tramway à traction électrique de Dorignies à Aniche


La ligne principale ira de Dorignies à Aniche, par Douai, Dechy, Guesnain, Lewarde, Masny et Auberchicourt. Deux embranchements s’en détacheront : le premier pour relier le tramway à la gare du chemin de fer du Nord à Douai et le second pour desservir Sin-Ie-Noble. Concession faite à M. Faye, banquier à Lyon.






LES GRÈVES DANS LES BASSINS HOUILLERS, 1893_09_23_Le_Temps





Les grèves dans les bassins houillers





D’après les instructions du président du conseil, les juges de paix de la région minière du Nord et du Pas-de-Calais ont usé dès aujourd’hui de l’initiative que leur confère l’article 10 de la loi du 27 décembre 1892 en invitant par voie de circulaires et d’affiches les ouvriers mineurs et les compagnies à produire leurs réclamations en vue d’une tentative de conciliation. (Dépêches de nos correspondants particuliers) Douai, 22 septembre, 11 heures.) 
La situation reste stationnaire dans le bassin de l’Escarpelle et d’Aniche, où la grève est à peu près générale. La nuit a été calme. Toutefois, une bande de grévistes a tenté d’empêcher des ouvriers de se rendre à la fosse Saint-René, à Guesnain, la seule fosse du bassin d’Aniche qui ait résisté jusqu’à présent à la grève. Des détachements de gendarmerie et du 19° chasseurs à cheval les ont poursuivis dans les champs. Neuf arrestations ont été opérées. Nouvelle diminution de grévistes à la fosse Saint-Roch de la concession d’Azincourt, où 67 mineurs sont descendus aujourd’hui. La descente est complète ce matin à la fosse Casimir-Perier du bassin d’Anzin. Le congrès des délégués mineurs du Nord se réunira demain à Sin pour examiner la question d’arbitrage comme le congrès de Lens. Le tribunal correctionnel de Douai a prononcé ce matin les condamnations suivantes: Monier, mineur à Dorignies, accusé d'avoir empêché le travail, 15 jours de prison; Edouard Duez, mineur à Somain, accusé d’avoir traité de menteur un gendarme, 3 jours de prison, ayant déjà subi, deux jours de prévention ; Emile Mercier, mineur à Somain, accusé d’avoir outragé le colonel du 19e chasseurs, de l’avoir traité de fainéant et d’avoir ajouté : "Tu te sens des forces aujourd’hui, mais demain tu auras de mes nouvelles » : deux mois de prison ; Jean-Baptiste Ucher, mineur à Somain, accusé d’outrage au sous-lieutenant Prévost du 19e chasseurs ; 15 jours de prison; Damien, mineur à Monchecourt, accusé d’entrave à la liberté du travail: 15 jours de prison. 

jeudi 15 octobre 2020

UNE ENFANT BRÛLÉE VIVE À GUESNAIN 1893_09_17_La_Libre_Parole

Enfant brûlée vive. — 

Mme Devred, femme d’un ouvrier mineur de Guesnain (Nord), ayant vidé une paillasse dans un champ près de sa maison, y mit le feu. Le lendemain, sa petite fille Joséphine, âgée de six ans, s’approche du tas encore incandescent. Le feu prit à ses vêtements. Aux cris poussés par l'enfant, sa mère accourut et essaya en vain d’étouffer les flammes ; l’enfant est morte quelques heures après l’accident.




Un suicide horrible à Guesnain

SUICIDE 

Lille, 24 août, — A Guesnain, un nommé Duvinage, mécanicien, s’est donné la mort eh se mettant jusqu’à mi-corps dans le fourneau de sa machine , on l’a retiré carbonisé.



Nuit mouvementée et grève dans la Concession d'Aniche

LES GRÈVES




Concession d'Aniche

Nuit mouvementée

 Jeudi soir, à l'issue d'une importante réunion tenue à Roost-Warendin par M. Jouveneau, de nombreux grévistes, dont quelques-uns portant des bâtons, se forment par bandes et s’avancent dans la direction de la Scarpe qui sépare le bassin de l’Escarpelle de celui d'Aniche. Mais, se rappelant sans doute que, lors de la grève de 1889, ils s’étaient heurtés à toute une série de brigades de gendarmerie échelonnées, ils envoient des éclaireurs qui aperçoivent les ponts occupés par des gendarmes à cheval. Sans se décourager, ils modifient immédiatement leur tactique et font un très grand détour par le pont de Râches, le pont de Baillon et Anhiers et arrivent à la fosse Gayant, à Waziers, où, là encore, ils se trouvent nez à nez avec les gendarmes. Aussitôt les bandes se dispersent pour se reformer plus loin et s’avancer à pas de loup, avec un silence tel que les patrouilles ne les entendent pas. Ils parviennent ainsi dans des corons de Dechy et de Sin, où ils frappent aux portes et réveillent les ouvriers, dont ils entraînent une partie à leur suite. On les retrouve à la fosse Saint-René, à Guesnain, qui jusqu'à présent est restée étrangère au mouvement. Ils y rencontrent 18 gendarmes à cheval, disparaissent encore et marchent sur Auberchicourt et Aniche. Pendant ce temps, l'officier commandant l'escadron du 4e cuirassiers occupant Aniche depuis plusieurs jours, prévenu par la gendarmerie que le but des grévistes, qui vont être plusieurs milliers, du Nord et du Pas-de-Calais, dans un instant, est d’arriver jusqu'aux fosses de la division d'Aniche, fait sonner la générale et bientôt les hommes sont rangés sur la place, prêts à se porter en avant. L'ordre de partir arrive et alors l’escadron s'ébranle, formant avec les gendarmes des patrouilles qui commencent une véritable chasse à l'homme très difficile, par une nuit sombre, le vent et la pluie. Les grévistes, eux non plus, n'ont pas perdu leur temps, et, avec une véritable science militaire, ils ont employé l’ordre dispersé, plaçant à une série de points stratégiques , importants: sentiers , routes, croisements de routes, petits ponts, ponts de chemins de fer, etc., des petits postes reliés entre eux par des sentinelles volantes.

Les patrouilles arrivent, les groupes disparaissent comme par enchantement, les hommes se cachent dans les fossés, dans les haies, puis se reforment à une certaine distance. Un officier ou un sous-officier voit un groupe qui disparaît tout à coup, près d'une maison, il le cherche en vain. Cependant, il veut en avoir le cœur net ; il enflamme une allumette et s'aperçoit que les grévistes sont collés au mur d’un cabaret et tournent en même temps que lui autour de cette habitation. Ce n’est que vers six heures du matin que tout est rentré dans l’ordre ; soldats, gendarmes et grévistes épuisés de fatigue. Cette manœuvre des grévistes n’a du reste entraîné qu’une soixantaine d’ouvriers de Somain et de Villers-Campeau qui ne sont pas descendus ce matin. Les autres fosses de la division d’Aniche sont au complet. Quant à la division de Douai, elle donne comme eflectif des descentes : Fosse Gayant, 61 descendus sur 201 ; Notre-Dame, 113 sur 338; Dechy, 130 sur 380 ; Bernicourt, 30 sur 137 ; Saint-René à Guesnain, 338. Au total, 681 descendus sur 1.431 Aucun incident grave à signaler. On raconte, toutefois, que des grévistes auraient jeté des pierres à un gendarme, mais sans l’atteindre. 

GROS ORAGE À GUESNAIN L’Univers, 14 août 1890





L'orage du Nord 

Un orage épouvantable s'est abattu sur la région de Douai et d'Arras et y a causé d'importants dégâts. A Dorignies, la foudre a brisé la porte de la ferme de M. Bommier. Aux Asturies, une maison est également brûlée par la foudre. A Guesnain, les dégâts seraient beaucoup plus importants. La foudre aurait mis le feu à la ferme de M. Jacquart et tout serait consumé, bâtiments et bestiaux. Une pluie diluvienne, Raccompagnée d'éclairs et de coups de tonnerre se succédant sans interruption, est tombée pendant plus d'une heure. L'eau, ne trouvant plus d'issue par les conduits s'engouffrait dans les maisons. Vers sept heures, le ciel s'est éclairci, mais la température reste accablante. 


jeudi 11 juin 2020

Les grèves du Nord, et une marche vers Guesnain




br />












Les grèves du Nord 


Ce n'est plus seulement dans les houillères du Pas-de-Calais que la grève existe, elle s'étend dans le département du Nord et se développe en Belgique. Voici les renseignements que nous communique l'Agence Havas sur les grèves en France : 

Lille, 22 octobre. 


La nuit dernière, les grévistes de Dorignies sa sont dirigés de Waziers à Sin-le-Noble pour arrêter le travail dans cette portion de concession. 

A Aniche, ils ont en partie réussi, car à la fosse Gayant, une centaine de mineurs, sur 500, n'ont pas repris le travail, et à la fosse Bugnicourt un certain nombre de mineurs ne sont pas descendus. 

Les fosses du bassin de l'EscarpelIe, qui continuent à travailler, n'ont qu'un effectif très restreint. Tout est calme cependant. 

Des patrouilles de gendarmerie et d'artillerie circulent d'une fosse à l'autre pour assurer le maintien de l'ordre. La nuit dernière, un gréviste est tombé dans une escarpe et n'a pu être retiré qu'une heure après. Un artilleur qui se trouvait non loin de là a essayé en vain de lui porter secours. 

Les nouvelles qui nous parviennent ce soir paraissent plus rassurantes. 

Arras, 22 octobre. 


La situation de la grève s'est un peu améliorée dans le centre des bassins de Courrières, de Drocourt et de Lens, au puits n° 3 ; mais la grève s'étend vers les deux extrémités de la région. 

Le chômage est complet à Bruay. On a des inquiétudes à Nœux et à Marles. 

Dans le Nord, le chômage est également complet à l'Escarpelle, et commence à gagner Aniche. 

Dorignies, 23 octobre. 


Dans une réunion qui a eu lieu hier ici, M. Jouvenot a rendu compte.de l'entrevue avec M. Brun, directeur de la Compagnie de l'Escarpelle. La continuation de la grève a été décidée à l'unanimité. L'assemblée a décidé que l'on partirait en groupes sur Sin-le-Noble, Dechy, Guesnain, Lewarde, Aniche, Denain, Anzin, Abscon. 

A la sortie de la réunion, les mineurs ont été dispersés par la gendarmerie et l'artillerie, mais ils se sont reformés en un groupe compact qui, drapeau en tête, après avoir circulé dans Dorignies en recrutant des camarades se sont dirigés sur Waziers. 

La route leur a été barrée par la troupe au pont du fort de la Scarpe. Une arrestation y a été opérée. Ils se sont rendus par petits groupes à la réunion qui devait avoir lieu à. Waziers. 
La grève a été également proclamée. 
Il a été décidé que deux groupes se formeraient pour aller détourner les mineurs du travail dans le reste de la concession d'Aniche, Denain et Anzin.


Les grèves du Pas-de-Calais ont gagné, le Nord, à l'Escarpelle et menacent de s'étendre jusqu'à Aniche. L'augmentation de 10%, réclamée et obtenue par les grévistes a paru insuffisante à quelques-uns. Dans le but d'obtenir en outre quelques modifications équivalant, dit-on, à une augmentation nouvelle de 3 % de leur salaire, les mécontents ont décidé de continuer la grève et d'y entraîner ceux de leurs camarades qui, satisfaits des concessions obtenues, avaient repris leur travail. Ils y ont réussi en partie, de sorte que la région du Nord compte en ce moment plus de 13,000 grévistes, bon gré mal gré. L'augmentation de 3 % en vue de laquelle les mineurs font la grève ne les dédommagera pas des frais de chômage employés à la conquérir.
On écrit au Nouvelliste du Nord
A Bruay, la grève de partielle est devenue générale. Dans le bassin de Bully-Grenay, le mouvement s'est étendu et une grande partie des ouvriers chôment. A Liévin, à Courrières, à Courcelles-lez-Lens, la situation ne s'est pas modifiée. On signale une légère détente chez les ouvriers de la compagnie de Drocourt.
Nous n'avons à signaler aucun incident. Le nombre des soldats qui se trouvent sur le théâtre des grèves est maintenant considérable. 
Quant au chiffre des grévistes, dans le Pas-de-Calais seulement, il dépassait ce matin treize mille. C'est un des plus élevés qui aient été atteints.
La grève est générale à Dorignies, et dans tout le bassin de l'Escarpelle. Vers trois heures, ce matin, des mineurs de Dorignies, au nombre de cent cinquante, se sont portés vers la fosse de Waziers, appartenant à la compagnie d'Aniche. Une collision s'est produite aux ponts du fort de Scarpe, qui étaient gardés par les troupes d'infanterie et d'artillerie. Les mineurs ont été repoussés ; mais cent mètres plus loin, ils ont traversé la canal les uns en barque, les autres à la nage»
Ils ont essayé d'arrêter le travail à la fosse Gayant, où déjà, 340 mineurs sur 400 n'étaient pas descendus. Ils sont revenus à Dorignies ; mais, en repassant le canal, le nommé Auguste Fontaine s'est noyé ; son cadavre a été retiré une heure plus tard. A une heure, une réunion fort mouvementée a été tenue à Dorignies, chez Deleau; deux cents assistants ont voté la continuation de la grève. Aux revendications déjà formulées, ils ont ajouté le renvoi de deux chefs porions et du médecin M. Dransart. Une délégation des mineurs de Courcelles est arrivée ce matin à Dorignies. 
Rien à signaler pour Sin, Dechy, Guesnain et Aniche. Comme la paye se fait partout aujourd'hui, on craint que la grève ne soit complète demain à Dechy.
 Les fosses sont gardées partout par la gendarmerie et la troupe.