Guesnain

Guesnain

mardi 3 mars 2020

Le Maire communiste voulait "interdire la Marseillaise, dans L'Ouest Éclair du 9 avril 1929



Voici l'article sélectionné dans la page :


L’Ouest-Éclair 9 avril 1929

LE MAIRE COMMUNISTE VOULAIT INTERDIRE LA MARSEILLAISE

Lllle. 8 avril. Hier avait lieu l'inauguration du monument aux morts dans la petite commune de Guesnain, près de Douai.
Toutes les sociétés patriotiques et d'anciens combattants étaient groupées autour du monument couvert de gerbes de fleurs, et la « Marseillaise » avait retenti. Mais dès les premiers couplets, une voix se faisait entendre : « Je vous dresse procès-verbal C'était le garde-champêtre, envoyé par le maire communiste de Guesnain qui, la main à la visière de son képi galonné d'argent, s'adressait au chef de musique. La foule, alors, trouva instantanément la réponse à infliger au maire. Bis, bis », crièrent des centaines de poitrines, et, aux applaudissements de l'assistance, une « Marseillaise vengeresse retentit cette fois.

APPEL DES MINEURS DE LEWARDE ET GUESNAIN, paru dans le Réveil du Nord du 19 juin 1906





SYNDICAT DES MINEURS DU BASSIN DU NORD APPEL des Mineurs de Lewarde et Guesnain Camarades, 

D’un bout à l’autre des bassins houillers du Nord et du Pas-de-Calais, les mineurs sortent de leur torpeur. Tous ont compris qu’il était indispensable qu’ils soient unis pour lutter contre la coalition patronale. Tous se sont dit que, seule une organisation puissante pouvait à l’avenir assurer une existence meilleure aux travailleurs de la mine en obligeant les patrons ù respecter et à payer un salaire plus rémunérateur, permettant de vivre en travaillant Le mouvement syndical grandiose que poursuivent la majorité des ouvriers mineurs du Nord ne va-t-il pas être suivi par les mineurs de Lewarde et de Guesnain ? 
Si camarades, notre devoir est de le suivre, pour la bonne raison que nous sommes exploités au même titre que nos camarades. si ce n’est plus. Car il n’y a nulle part d’ouvriers plus dominés que nous le sommes. Rien chez nous ne peut se faire au grand jour, ou c’est tout de suite la menace de renvoi pour les uns et le mauvais travail pour les autres. 
Nous ne sommes, en un mot, que des esclaves, et ceci, de notre propre faute. Sortons, nous aussi, de notre torpeur, et comme nos camarades des mines voisines, adhérons en masse au Syndicat et à celui qui toujours a su vaillamment défendre nos droits et nos intérêts, Rappelons-nous, Camarades, l’affaire Verbucque, asphyxié il y a quelques années, à la fosse de Masny, du Syndicat du Nord, qui demanda l’exhumation et l’autopsie de ce malheureux. C'était, Camarades, la misère pour la veuve et les orphelins, mais le Syndicat veillait ; il intervint et justice fut rendue. Nous pouvons vous énumérer d’autres faits, mais nous estimons que celui-là seul suffit pour vous convaincre et vous dicter votre devoir.
Aussi, avons-nous l’espoir que notre appel sera entendu de vous tous et que chacun de vous adhérera au Syndicat. Oui, Camarades exploités de la fosse Guesnain, adhérons tous, et crions bien haut d'un commun accord : Vive le Syndicat  

Un groupe d'exploités de la fosse de Guesnain




















lundi 2 mars 2020

Les grèves à Guesnain et Dechy en 1878, un article du Petit Journal du 26 juillet 1878










LES GRÈVES 

Valenciennes, 23 juillet soir. 

Aussitôt que la nouvelle de la grève de Dechy. a été connue, les autorités militaires ont renforcé les troupes qui protégeaient les fosses de la compagnie d'Aniche. Quatre bataillons ont été distribués à Dechy, à Guesnain et à Aniche. Une tentative contre Guesnain, faite par une bande de grévistes partis do Dechy, a pu être heureusement repoussée et les feux de Guesnain n'ont pas été éteints. Dans les trois fosses qui sont aux environs d'Aniche, le travail continue, à marcher d'une manière normale. Toutefois on n'est pas sans inquiétude de ce côté et on •end les mesures les plus énergiques pour empêcher l'extension de la grève. En effet le mouvement très inattendu de Dechy fait , beaucoup craindre pour Dorignies et l’Escarpelle. A Dechy, 15 ouvriers seulement sur 300 ont travaillé aujourd'hui, 217 ouvriers sur 280 se sont rendus à Notre-Dame, qui appartient, comme Dechy, à «la compagnie a'Aniche. Il est fort à redouter que, dans toutes les autres fosses appartenant à cette compagnie, les mineurs ne suivent l'exemple de Déchy. A Denain, tous les ouvriers sont au travail. Mais le bruit court qu'ils ont demandé une augmentation de salaire, déclarant que, si leur demande est repoussée, ils se mettront immédiatement en grève. 300 ouvriers sont descendus aujourd'hui à Haveluy, 67 à Casimir-Périer, 51 à Rœulx, 60 à Saint-Marc, 152 à Abscon sur 2000 ; 40 à Anzin. 86 à la Réussite, et 50 à Saint-Louis.  Quelques groupes circulent bien encore ; mais le calme règne partout. 
Les régisseurs d'Anzin ont fait aux grévistes, par l'intermédiaire du directeur de la compagnie d'Anzin, la communication qu'ils avaient arrêtée dans leur réunion d'avant-hier. " On sait d'une manière positive que des meneurs étrangers dont on a les signalements travaillent à empêcher la reprise du travail et à étendre la grève. On les recherche activement. Les arrestations, faites hier sont au nombre de seize mais plusieurs des individus arrêtés ont été relâchés après avoir été interrogés.




C'était à la Une du Petit Journal

Tremblement de terre à Guesnain et Dechy, un article du Courrier de Saone et Loire du 8 septembre 1902





Tremblement  de terre.

Le 2 septembre, vers 1 h. 30, une violente secousse a été ressentie sur le territoire des communes de Sin-le-Noble, Dechy et Guesnain (Nord). Cette secousse, suivie d'un bruit sourd que beaucoup de personnes attribuent à un affaissement de terrain provenant des fosses de Dechy et de Guesnain, a duré environ une minute et a été particulièrement violente au hameau de la Motte, à Dechy, à proximité de la fosse de cette commune. Plusieurs cheminées de maisons ont été endommagées, des briques sont tombées, des murs ont été lézardés et plusieurs vitres ont été brisées. A Sin-leNoble, la secousse a été ressentie en plusieurs endroits dans des maisons à proximité des marais et non loin de la fosse Dechy. Il n’y a eu aucun dégât. A Guesnain, elle a été moins violente et aucun dégât n’a été signalé. Les mineurs de la fosse de Dechy, qui sont remontés quelques minutes après la secousse, sont unanimes à déclarer qu’elle doit avoir été occasionnée par un coup de terrain provenant des mines. Il n'y a aucun accident de personnes, mais les habitants ont été effrayés. 




dimanche 1 mars 2020

Feu à la fosse Saint-René, à Guesnain, dans l'Humanité du 25 février 1949








A GUESNAIN (NORD)

LE FEU S’ÉTANT DÉCLARÉ AU PUITS SAINT-RENÉ
LA DIRECTION ORDONNE DE REMONTER LES CHEVAUX ET FAIT DESCENDRE LES, MINEURS. 12 OUVRIERS INTOXIQUÉS PAR LES GAZ
GUESNAIN, 24 FÉVRIER (PAR TÉLÉPHONE.. CORRESPONDANT « HUMANITÉ »). —
« Y A L’FEU DIN L’FOSSE

Telle, une traînée de poudre la nouvelle s’est répandue dans les corons de Guesnain (Nord). Et une foule qui va grossissant de minute en minute stationne bientôt, anxieuse, devant les grilles du puits
Au fond, au quartier 214, urne vieille voie brûlait. On avait érigé un mur d’argile pour limiter l’incendie, mais des dégagements d’oxyde de carbone s’étant produits, douze ouvriers avaient été intoxiqués.
Le feu s’était déclaré la veille. Et bien que des ouvriers eussent déjà été à demi asphyxiés, la descente du soir avait eu lieu.
Les ouvriers du poste du soir durent remonter à 4 heures du matin par une autre voie, la botte étant emplie de fumée et de gaz.
Les ouvriers du poste du matin manifestèrent leur volonté de ne pas descendre.
Les ouvriers du poste du soir durent remonter à 4 heures du matin par une autre voie, la botte étant emplie de fumée et de gaz.
Les ouvriers du poste du matin manifestèrent leur volonté de ne pas descendre.
Malgré cela, l’ingénieur en chef Debard et l’ingénieur du puits Rieux donnèrent l’ordre de descendre. C’était exposer les mineurs à la mort en raison de la présence de quantités importantes de poussières dans cette fosse.
Mais une centaine d’ouvriers refusèrent absolument de « dévaler ».
Aux étages 214 et 215 des mineurs furent intoxiqués dès leur arrivée tant le dégagement d’oxyde de carbone était grand.
Parmi les plus gravement atteints. citons Arthur Vider, Achille Lefèvre, Pierre Defauquet et un agent de maîtrise Antogeski.
Le fait que ces ingénieurs aient ordonné de faire remonter les chevaux cependant qu’ils obligeaient les hommes à descendre illustre la mépris dont les valets de Lacoste font montre envers la vie des mineurs.

La direction refuse de laisser remonter les mineurs
Il est 10 h. 30. Les ouvriers du poste du matin sont à l’accrochage et ils manifestent leur volonté de remonter. Le directeur, M Signart s’y refuse, comme il refuse de laisser pénétrer sur le carreau René Six. secrétaire de la Fédération régionale der mineurs, le secrétaire du syndicat et des journalistes, dont l’envoyé spécial de Liberté se vit arracher son appareil photographique par un membre da la direction des Houillères.
Au jour, la foule s’indignait. « Faites remonter les ouvriers ! » criaient les femmes en pleurs.
L’indignation étant parvenue à son paroxysme, la foule força les grilles et pénétra sur ie carreau de la mine exigeant la remonte
Sous la pression des travailleurs et de leurs femmes, la remonte fut enfin ordonnée.
Les travaux ont été arrêtés dans toute la fosse. Notons que le délégué à la sécurité et son suppléant sont en prison. Et le délégué d’une autre fosse déjà surchargé, ne peut visiter ie puits qu’irrégulièrement.
La direction devait, d’autre part, refuser de faire avertir ce délégué comme les mineurs le demandaient.
A 16 heures une réunion a eu lieu à Guesnain, au cours de laquelle les mineurs ont exprimé leur indignation contre des méthodes qui exposent leur vie de façon aussi cynique. Ils ont exigé avec force que soient libérés leurs délégués titulaires et suppléants, afin qu’ils puissent assumer leurs fonctions





Deux jours plus tard, le journal "Ce Soir" revient sur l'événement :

Voici l'article extrait de la page :

Au puits St-René, à Guesnain

LES BARRAGES ONT CÉDÉ DEVANT LE FEU


GUESNAIN, 26 février (par tél. — L’incendie du puits Saint-René, à Guesnain, qui s’est déclaré Jeudi à 3 heures du matin, s’intensifie. Les premiers barrages construits pour l’étouffer ont cédé. Des équipes de mineurs s’emploient activement à le circonscrire. L’état des mineurs intoxiqués par les émanations d’oxyde de carbone s’est amélioré : les plus gravement atteints ont pu en effet quitter l’Hôtel-Dieu de Douai.

SPLENDIDE MANIFESTATION À GUESNAIN CONTRE LES PROJETS BONCOUR ET LA DIMINUTION DES SALAIRES , L'Humanité du 15 juin 1927








CHEZ «  LES GUEULES NOIRES » DU NORD
SPLENDIDE MANIFESTATION GUESNAIN CONTRE LES PROJETS BONCOUR ET LA DIMINUTION DES SALAIRES DOUAI, 14 JUIN. (HUMANITÉ.) A L'APPEL DE LA MUNICIPALITÉ COMMUNISTE ET DES ORGANISATIONS OUVRIÈRES, UNE SPLENDIDE MANIFESTATION S'EST DÉROULÉE DIMANCHE, À GUESNAIN, CONTRE LES PROJETS BONCOUR ET CONTRE LA DIMINUTION DES SALAIRES.


Plus d'un millier de travailleurs, drapeaux rouges en tête, ont parcouru la cité minière, au chant de nos hymnes révolutionnaires. A l'issue de la manifestation, un meeting était organisé sous la présidence de Soileux, maire de Guesnain.
Les camarades Coquelle, des Jeunesses. Darguesse, délégué mineur, et Porreye, de la C.G.T.U., prirent successivement la parole. Ils retracèrent l'action de la Fédération unitaire du Sous-Sol contre la diminution des salaires et stigmatisèrent l'attitude des chefs confédérés et du socialiste Boncour. Puis ils étudièrent la situation internationale et montrèrent les dangers de guerre. Dénonçant ensuite les scandales des arrestations de Monmousseau et de Semard, ils firent un vigoureux appel à l’organisation.
Leurs discours furent vigoureusement ovationnés et la salle se vida au chant de l'Internationale.


Un terrible accident aux Mines d'Aniche, fosse Saint René à Guesnain rapporté dans Le Réveil du Nord du 2 septembre 1921



1921_09_02_Le_R_veil_du_Nord_Retronews





UN JEUNE OUVRIER A ETE ECRASE SOUS UN PONT ROULANT 

Un effroyable accident vient de se produire à la fosse St-René des Mines d’Aniche, à Guesnain. Voici dans quelles circonstances. Vers 10 heures du matin, un jeune ouvrier, Emmanuel Lempereur, 17 ans travaillait sur le pont roulant, tout à coup, le pont fléchit en son milieu. Lempereur fut précipite d’une hauteur d’environ huit mètres sur le volant d'une machine, puis, au même instant, le pont achevait de s'effondrer. Une partie de la carcasse métallique s’écroula sur le malheureux garçon. Ses camarades se portèrent aussitôt à son secours, guidés par le père de la victime qui avait été témoin de l’accident Après une heure et demie d’efforts surhumains, on dégageait Emmanuel Lempereur, qui portait sur tout le corps de très graves blessures Le pauvre garçon fut, sur la volonté de son père, reconduit chez lui, 25, Longue-Rue, A Guesnain. es soins énergiques lui furent prodigués. Mais tout fut inutile. A 4 heures de l’après-midi Emmanuel Lempereur mourait, après de terribles souffrances, des suites d une fracture du bassin. Les causes de l’accident ne sont pas encore exactement connues. Une enquête est ouverte pour établir les responsabilités.