Guesnain

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jeudi 11 juin 2020

Les grèves du Nord, et une marche vers Guesnain




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Les grèves du Nord 


Ce n'est plus seulement dans les houillères du Pas-de-Calais que la grève existe, elle s'étend dans le département du Nord et se développe en Belgique. Voici les renseignements que nous communique l'Agence Havas sur les grèves en France : 

Lille, 22 octobre. 


La nuit dernière, les grévistes de Dorignies sa sont dirigés de Waziers à Sin-le-Noble pour arrêter le travail dans cette portion de concession. 

A Aniche, ils ont en partie réussi, car à la fosse Gayant, une centaine de mineurs, sur 500, n'ont pas repris le travail, et à la fosse Bugnicourt un certain nombre de mineurs ne sont pas descendus. 

Les fosses du bassin de l'EscarpelIe, qui continuent à travailler, n'ont qu'un effectif très restreint. Tout est calme cependant. 

Des patrouilles de gendarmerie et d'artillerie circulent d'une fosse à l'autre pour assurer le maintien de l'ordre. La nuit dernière, un gréviste est tombé dans une escarpe et n'a pu être retiré qu'une heure après. Un artilleur qui se trouvait non loin de là a essayé en vain de lui porter secours. 

Les nouvelles qui nous parviennent ce soir paraissent plus rassurantes. 

Arras, 22 octobre. 


La situation de la grève s'est un peu améliorée dans le centre des bassins de Courrières, de Drocourt et de Lens, au puits n° 3 ; mais la grève s'étend vers les deux extrémités de la région. 

Le chômage est complet à Bruay. On a des inquiétudes à Nœux et à Marles. 

Dans le Nord, le chômage est également complet à l'Escarpelle, et commence à gagner Aniche. 

Dorignies, 23 octobre. 


Dans une réunion qui a eu lieu hier ici, M. Jouvenot a rendu compte.de l'entrevue avec M. Brun, directeur de la Compagnie de l'Escarpelle. La continuation de la grève a été décidée à l'unanimité. L'assemblée a décidé que l'on partirait en groupes sur Sin-le-Noble, Dechy, Guesnain, Lewarde, Aniche, Denain, Anzin, Abscon. 

A la sortie de la réunion, les mineurs ont été dispersés par la gendarmerie et l'artillerie, mais ils se sont reformés en un groupe compact qui, drapeau en tête, après avoir circulé dans Dorignies en recrutant des camarades se sont dirigés sur Waziers. 

La route leur a été barrée par la troupe au pont du fort de la Scarpe. Une arrestation y a été opérée. Ils se sont rendus par petits groupes à la réunion qui devait avoir lieu à. Waziers. 
La grève a été également proclamée. 
Il a été décidé que deux groupes se formeraient pour aller détourner les mineurs du travail dans le reste de la concession d'Aniche, Denain et Anzin.


Les grèves du Pas-de-Calais ont gagné, le Nord, à l'Escarpelle et menacent de s'étendre jusqu'à Aniche. L'augmentation de 10%, réclamée et obtenue par les grévistes a paru insuffisante à quelques-uns. Dans le but d'obtenir en outre quelques modifications équivalant, dit-on, à une augmentation nouvelle de 3 % de leur salaire, les mécontents ont décidé de continuer la grève et d'y entraîner ceux de leurs camarades qui, satisfaits des concessions obtenues, avaient repris leur travail. Ils y ont réussi en partie, de sorte que la région du Nord compte en ce moment plus de 13,000 grévistes, bon gré mal gré. L'augmentation de 3 % en vue de laquelle les mineurs font la grève ne les dédommagera pas des frais de chômage employés à la conquérir.
On écrit au Nouvelliste du Nord : 
A Bruay, la grève de partielle est devenue générale. Dans le bassin de Bully-Grenay, le mouvement s'est étendu et une grande partie des ouvriers chôment. A Liévin, à Courrières, à Courcelles-lez-Lens, la situation ne s'est pas modifiée. On signale une légère détente chez les ouvriers de la compagnie de Drocourt.
Nous n'avons à signaler aucun incident. Le nombre des soldats qui se trouvent sur le théâtre des grèves est maintenant considérable. 
Quant au chiffre des grévistes, dans le Pas-de-Calais seulement, il dépassait ce matin treize mille. C'est un des plus élevés qui aient été atteints.
La grève est générale à Dorignies, et dans tout le bassin de l'Escarpelle. Vers trois heures, ce matin, des mineurs de Dorignies, au nombre de cent cinquante, se sont portés vers la fosse de Waziers, appartenant à la compagnie d'Aniche. Une collision s'est produite aux ponts du fort de Scarpe, qui étaient gardés par les troupes d'infanterie et d'artillerie. Les mineurs ont été repoussés ; mais cent mètres plus loin, ils ont traversé la canal les uns en barque, les autres à la nage»
Ils ont essayé d'arrêter le travail à la fosse Gayant, où déjà, 340 mineurs sur 400 n'étaient pas descendus. Ils sont revenus à Dorignies ; mais, en repassant le canal, le nommé Auguste Fontaine s'est noyé ; son cadavre a été retiré une heure plus tard. A une heure, une réunion fort mouvementée a été tenue à Dorignies, chez Deleau; deux cents assistants ont voté la continuation de la grève. Aux revendications déjà formulées, ils ont ajouté le renvoi de deux chefs porions et du médecin M. Dransart. Une délégation des mineurs de Courcelles est arrivée ce matin à Dorignies. 
Rien à signaler pour Sin, Dechy, Guesnain et Aniche. Comme la paye se fait partout aujourd'hui, on craint que la grève ne soit complète demain à Dechy.
 Les fosses sont gardées partout par la gendarmerie et la troupe. 

lundi 11 mai 2020

« La Marseillaise » a les honneurs d'un procès-verbal . (Ou Peppone et Don Camillo, version guesninoise )Article paru dans le Grand Écho du Nord du 8 avril 1928 et repris dans la presse américaine






A GUESNAIN
« La Marseillaise » a les honneurs d'un procès-verbal

(DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL)
Toute petite, modeste, montrant à la vue les murs de briques noircies de son abside, l'église de Guesnain ouvre son porche sur une cour où l'on pénètre entre deux colonnes vétustes de pierres effritées.
Elle est, ce dimanche matin, fort joliment parée. Un drap noir aux larmes d'argent encadre l'entrée. Des drapeaux tricolores étalent autour du chœur leurs faisceaux ondulés.
Aux corniches d'acanthe des piliers, de grands panonceaux arborent les outils des mineurs.
Et l'église est pleine d'une foule recueillie.
Les cierges multiplient leurs feux qu'ils jettent en l'air comme des lueurs d'espoir.
Les lentes harmonies d'une fanfare s'égrènent.
On inaugure en cette église la plaque commémorative des enfants du pays morts au champ d'honneur.
M. l'Abbé Gavelle, ancien curé de Saint-Joseph de Sin-le-Noble, officie, assisté de son neveu, curé de Guesnain.
Le R.P.. Zimmermann, ancien aumônier de la 51e division pendant la guerre, monte en chaire. Et des femmes, des veuves pleurent. Des hommes ont aussi les yeux humides.
Ce sont des soldats : les Médaillés militaires de Guesnain, ayant à leur tête M. Verdière ; les anciens combattants de cette commune entourant M, Leleu, chevalier de la Légion d'honneur j les Médaillés militaires de Douai représentés par une importante délégation : MM. Joly, président ; Fauve, Birck, Jouglet, Serrurier, Preuvost, porte-drapeau • le caporal Menet, du 5e d'infanterie, portant le drapeau de "l'Étoile", société de préparation militaire ; M. Cornu avec le drapeau de l'Union des poilus de Douai ; un mutilé de Guesnain tenant le drapeau des Mutilés de Douai ; le colonel d'artillerie Schmidt ; le commandant Marin et le capitaine Delrue, du 509e régiment de chars d'assaut de Maubeuge ; le capitaine Blanc, du 15e d'artillerie ; le capitaine Devienne et le lieutenant Bezegher, de la gendarmerie ; le lieutenant de vaisseau Wiscart, Et puis, des civils ; MM. Bernard, directeur en retraite de l'Ecole normale de la Seine ; Ducœur, Wiscart, Langériaux, ingénieurs des mines d'Aniche; Rainsval, maire d'Epinoy; Verlay, banquier; Wallerand, directeur des tramways ; Braymard, Fontaine, Castelin, Royaux, Christian, les boys-scouts, « Les Eclaireurs de France », avec leur fanion.
Quand l'office est terminé, tous les assistants se groupent autour du monument aux morts, situé en face, et deux médaillés apportent de grosses gerbes de fleurs. Les clairons sonnent « Aux Champs ». La fanfare libre de Guesnain lance les notes éclatantes de la « Marseillaise». C'est un instant d'une solennelle beauté.
Mais le sang Impur n'a pas eu le temps d abreuver nos sillons, qu'une voix se fait entendre : 
— Je vous dresse procès-verbal !
C'est le garde, envoyé par le maire communiste de Guesnain qui, la main à la visière de son képi aux deux galons d'argent, inflige ce pensum au chef de musique, qui vient de faire jouer la « Marseillaise ».
Alors, une immense clameur retentit :
— Bis ! bis ! crient des centaines de poitrines.
Aux applaudissements de l'assistance, les instruments sont de nouveau collés aux lèvres, et l'on recommence.
Après cela, le défilé en musique était de rigueur.
Paul AUDEBERT.


MÊME LA PRESSE AMÉRICAINE EN PARLE :

1929_04_09_The_Chicago_tribune_and_the_Daily_news


COMMUNIST MAYOR FAILS TO HALT 'MARSEILLAISE'
AT GUESNAIN CEREMONY
LILLE, Apr. 8.— A monument to the dead was being dedicated in the little commune of Guesnain, near Douai, yesterday.

All the patriotic societies and the local war veterans were grouped about the flower-covered shaft. The band broke into the spirited phrases of the Marseillaise. It had barely reached the vigorous line, "qu'un sang impur abreuve nos sillons," when the local constable suddenly appeared before the bandleader, saluted him, and shouted,

"Stop, in the name of the law!"

He had been sent by the Communist Mayor of Guesnain. But the band did not stop playing. And when it had finished there were eager cries of "Bis, bis!"

It repeated the anthem.

Today the patriots of Guesnain are wondering under what provision, of the law they are liable for playing and listening to the Marseillaise. Whatever it is, they admit, they are twice guilty. '

Traduction :

LE MAIRE COMMUNISTE N'A PAS ARRÊTÉ MARSEILLAISE À LA CÉRÉMONIE DE GUESNAIN
LILLE, 8 avr. - Un monument aux morts était en cours d'inauguration dans la petite commune de Guesnain, près de Douai, hier.

Toutes les sociétés patriotiques et les anciens combattants locaux étaient regroupés autour du monument fleuri. Le groupe arrivait dans les phrases animées de la Marseillaise. Il avait à peine atteint la ligne vigoureuse, «qu'un chant impur abreuve nos sillons», que le garde local apparut soudain devant le chef d'orchestre, le salua et cria :

"Arrêtez, au nom de la loi!"

Il avait été envoyé par le maire communiste de Guesnain. Mais le groupe n'arrêta de jouer. Et quand il eut terminé, il y eut des cris avides de "Bis, bis!"

Il  répéta l'hymne.

Aujourd'hui les patriotes de Guesnain se demandent en vertu de quelle disposition, de la loi ils sont interdits de jouer et d'écouter la Marseillaise. Quoi qu'il en soit, admettent-ils, ils sont deux fois coupables. 

Un mois plus tard, aux élections municipales la liste du maire sortant était battue comme le révèle l'article suivant dans l'Ami du Peuple du 8 mai 1929



vendredi 1 mai 2020

Vente de 248 hectares dans le département du Nord et du Pas-de-Calais et singulièrement sur le territoire de Guesnain










Étude de M° Eugène Fabre, avoué à Douai, rue de l'Abbaye-des-Prés, 15. 
DÉPARTEMENT DU NORD


Arrondissements de Lille, Douai et Valenciennes. 

Territoires de Lille, Douai, Cuincy, Lambres, Esquerchin, Lauwin-Planque, Raimbeaucourt, Sin-le-Noble, Dechy, Roucourt, Goeulzin, Guesnain, Lewarde, Erchin, Masny, Férin, Villers-au-Tertre. Cantin. Lécluse, Pecquencourt, Ostricourt Wasnes-au-Bac. 

DÉPARTEMENT DU PAS-DE-CALAIS 


Arrondissements d'Arras et-de Béthune. 

Territoires de Vitry, Gouy-sous-Bellonne, Tortequenne, Eterpigny, Bellonne, Sailly-en-Ostrevent, Noyelles-sous-Bellonne, Etaing, Saudemont, Brebières, Corbehem, Sauchy-Lestrées, Baralle, Marquion, Buissy-Baralle, Dourges, Courcelles-lez-Lens, Hénin-Liétard, le Forest, Rouvroy, Bois-Bernard, Acheville, Beaumont, Quiéry-la-Motte, Billy-Montigny. 

A VENDRE PAR LICITATION 
Entre majeurs et mineurs
En 810 lots.

248 HECT. 61 ARES 93 CENT. 

DE TERRE DE LABOUR


Sur la mise à prix totale de 782,450 francs. Le lundi 4 novembre 1889, à 11 h. du matin et jours suivants, à la barre du Tribunal civil de 1ère instance de Douai, au Pal. de Just.,de Douai, 
Avoués colicitants à Paris
Me Goirand, avoué de 1ère instance, place Vendôme, 16; Me Gieules, avoué de 1ère instance, r. d'Alger, 6 Me Allain, avoué de 1ère instance, rue Godot-de-Mauroi, 12 M" Vandewalle, av. de 1ère instance, rue Grange-Batelière, 13. Avoué poursuivant la vente devant le Tribunal civil de 1ère instance de Douai :
M" Eugène Fabre, avoué, rue de l'Abbaye-des-Prés, 15, a Douai.

Territoire de Roucourt


ARTICLE 44.

11 ares 30  centiares de terre à labour désignés au cadastre. section A. numéro 10. lieudit le Chéneau, tenant vers nord aux héritiers Druon-Ducatillon de Dechy, vers midi à M. Edmond Rémy de Campeau, vers levant à Paul Verdierre, de Roucourt et vers couchant au terroir de Guesnain.

La pièce de terre ci-dessus est occupée par M. Maguire Alfred de Roucourt, moyennant un loyer annuel de 12 fr. 50 c., suivant bail reçu par Me Tréca. notaire à Douai, les 20 et 28 août 1888, enregistré, prenant fin en 1897.

ARTICLE 45.

67 ares 46 centiares de terre à labour, désignés au cadastre section A. numéro 629, lieudit Village, tenant d'un sens vers nord-ouest à Auguste Miens. François Rémy, Paul Leleu. Leleu-Delval (Jean-Baptiste). Auguste Jacquart-Villette, Bernard Jean-Paul veuve, et audit Leleu-Delval Jean-Baptiste, d'autre sens vers sud-est à Edmond Allard et Boisseau-Leduc, vers nord-est à Alexandrine Leleu, François Maniez, Romain Leclercq et Rincheval (Louis), et vers sud-ouest à Désiré-Charles Miens.

Pour l’occupation. voir l'article 46.

ARTICLE 46.

89 ares 39 centiares de terre à labour, moitié d’une terre contenant d'après arpentage 1 hectare 78 ares 79 centiares à labour et prairie, cadastrés section A. numéros 330 en partie et 331en partie, ladite moitié à prendre, pour tenir d'un bout vers nord à l'autre moitié désignée 19 sous l’article 15* ci-dessus et à 67 ares 88 centiares formant l’article 18. vers levant à Alphonse Boulanger, Noël Boulanger et Auguste Jacquart, vers midi à Désiré-Charles Miens. à Gaspard Leleu-Bertrand, François Leclercq, Mazi-Philippe Poulet, et audit Alphonse Boulanger-Leduc. auparavant François Leclercq, et vers couchant audit Noël Boulanger, auparavant François Bajeux.

La pièce de terre ci-dessus ainsi que celle qui est désignée sous le numéro 45. sont occupées par M. Jules Jacquart fils. cultivateur à Guesnain, moyennant un loyer annuel de 152 fr. 35 c., suivant bail reçu par Me Tréca, notaire à Douai le 4 juillet 1887. enregistré, prenant fin en 1896.

ARTICLE 47.

1 hectare 12 ares 97 centiares de terre à labour pris en 2 hectares 12 ares 65 centiares dits la Motte, cadastrés section A. numéro 187. Rendit sous lo Moltoison, tenant d’une liste vers nord-ouest à Auguste Jaequart, d’autre liste à M. Rattel, curé à Camblain et à Aimable Mazi. d’un bout vers nord-ouest à Alphonse Boulanger-Leduc et à l’article précédent, et d'autre bout vers sud-est au chemin de la Malmaison et du grand marais.
Pour l’occupation, voir l’article 51.

ARTICLE 48.

75* ares 18 centiares de terre à labour repris au cadastre sous le numéro 335 de la section B. lieudit le Puits à Marne, tenant d’un bout vers nord et d’une liste vers couchant à Alexandre Garez, d’autre bout vers midi à M. Guérin-Picard. et d’autre liste vers levant à M. Louis Demont.

Pour l'occupation, voir l’article 51.

Territoire de Dechy


ARTICLE 49.

1 hectare 13 ares 05 centiares de terre à labour désignés au cadastre section C. numéro 47. lieu-dit entre le chemin de Roucourt et celui des Allemands, tenant d’un bout vers nord à Mme veuve Becquet de Mégille, d’autre bout vers midi à François Boulanger et François Anache, d'une liste vers levant à M. Edouard Desnède. et d autre liste vers couchant à François Lasne, dit Maréchal.
Pour l'occupation, voir l'article 51. 


Territoire de Guesnain


ARTICLE 50.

67 ares 83 centiares de terre en labour et prairie désignés au cadastre section A, numéros 329* et 330 en partie, lieu dit la Malmaison, tenant d'un bout vers nord-est au chemin du marais, d’autre bout vers sud-ouest à 89 ares 39 centiares désignés ci-dessus en l'article 14, d’une liste vers sud-est à 89 ares 39 centiares désignés ci-après article 51, et d’autre liste vers nord-ouest à Charles Miens et par angle rentrant à M. Henri Leleu-Leduc.
Pour l’occupation, voir l’article 51 ci-après.

ARTICLE 51.

89 ares 39 centiares de terre à labour et prairie, faisant la moitié d'un champ, contenant d’après arpentage 1 hectare 78 ares 75* centiares repris au cadastre section A. numéros 330 en partie et 331 en partie lieudit la Malmaison. ladite moitié à prendre pour tenir d'une liste vers levant à M. Henri Leleu-Leduc, auparavant Noël Leduc.à François Bernard Lestienne à François Maniez et à Jean-Baptiste Saudemont, d’autre liste vers couchant aux 67 ares 83 centiares désignés ci-dessus article 18. d’un bout vers nord à Alexandrine Leleu et au chemin du marais, et d'autre bout vers midi à l'autre moitié dudit champ, désignée ci-dessus article 46.

Les pièces de terre ci-dessus désignées sous les articles 47. 48, 49,50 et 51 sont occupées par M Jules Jacquart fils, cultivateur à Guesnain, moyennant un loyer annuel de 447 fr. 65, suivant bail reçu par Me Tréca, notaire à Douai le 4 juillet 1887, enregistré, prenant fin en 1896.

ARTICLE 52.

45 ares 22 centiares de terre à labour, désignés au cadastre sous le numéro 1265 de la section A. lieudit  la Balance, tenant d’un bout vers nord-est à la veuve Augustin Fiévet, à la veuve François Facques, à la veuve Demarets Millon et à Antoine Maniez. d’autre bout vers sud-ouest à François Hubert Lenne. de Dechy, d’une liste vers sud-est à Pierre-Michel Leduc et d’autre liste vers nord-ouest à la veuve Bernard-Lestiennes.

Cette pièce de terre est occupée par M. Philippe Poulet. de Guesnain. moyennant un loyer annuel de 65 francs, suivant bail reçu par Me de Bailliencourt, notaire à Douai le 22 décembre 1885. enregistré, prenant fin en 1895

lundi 27 avril 2020

Une sorcière devant le tribunal correctionnel de Douai











L'EXPLOITATION DES IMBÉCILES
Une sorcière devant le tribunal correctionnel de Douai
(D'un correspondant


Douai, 31 janvier. — A l'audience correctionnelle qui a été tenue samedi, à Douai, on a assisté à une bien curieuse affaire, à l'affaire de la sorcière de Râches.
Cette intéressante -personne ne ressemble pas, comme on pourrait le croire, à la vieille, très vieille sorcière classique; c'est une femme âgée de trente-neuf ans, la figure coupe-
rosée, le nez assez aquilin, la tête couverte d'un fichu de laine noire.
Elle déclare se nommer Delbassée (Céline), originaire de Lallaing et habitant Râches.
— Quelle est votre profession? demande M. le président Delangre. -
_ Ouvrière.
— Ouvrière, quelquefois, et sorcière dans vos moments perdus. (A cette réflexion du président, la femme Delbassée ricane bruyamment).
Deux femmes, la femme Coppin et la femme Delval, ont eu à se plaindre d'elle.
La première de ces deux femmes trop... crédules, raconte, avec une certaine crainte, que son enfant était malade et que le docteur Dransart, lui ayant conseillé le changement d'air, elle l'avait conduit à Guesnain.
C'est dans cette commune qu'elle a entendu parler de Céline Delbassée, à qui elle a donné en plusieurs fois une somme totale de 175 francs et un « jupon », pour des messes et des simagrées consistant à faire des croix sur des mouchoirs et à attacher « des cordons blancs » au cou et au poignet des malades.
L'inculpée proteste et soutient qu'elle n'a reçu que des sommes véritablement insignifiantes, pour faire des neuvaines implorer le bon Dieu. Elle est allée en Belgique pour y voir un saint dont elle ne sait plus le nom.
— Comment, dit le président, vous ne savez même pas son adresse ? (Rires dans l'auditoire).
Céline la sorcière ajoute que c'est le curé de Doriginies qui a jeté un sort sur la famille Delval, parce qu'il est plus sorcier qu'elle ; elle n'a pas reçu les sommes qu'on prétend et elle demande que le bon Dieu la fasse mourir, si elle ne dit pas la vérité (sic).
Elle explique enfin que pour faire des neuvaines, il faut être accompagnée de quelque chose, d'un mouchoir ou d'un cordon. (Rires).
Le second témoin, la femme Coppin, que ni le président ni le ministère public ne parviennent à rassurer, croit qu'elle a été ensorcelée par la prévenue.
Son mari étant malade, elle a consulté Céline et lui a donné à diverses reprises de petites sommes s'élevant à 300 fr., ainsi que le jupon traditionnel.
Les pratiques des « cordons blancs » autour du cou et des poignets ont été également mises en usage ; Céline y a joint des « tours », de « longs tours » en Belgique et à Somain, pour lesquels il fallait beaucoup d'argent.
Elle disait, en effet, qu'elle avait beaucoup de mal à trouver les personnes qui avaient jeté un sort sur la famille Coppin. Elle s'était rendue un certain jour en Belgique pour y faire un cercle et forcer les sorciers à demander pardon (sic).
La femme Coppin qui, malgré tout, croit toujours au pouvoir surnaturel de l'inculpée raconte qu'elle entendait la nuit dans sa cave des cris et des hurlements. Le témoin imite ces hurlements, ce qui procure à l'auditoire une douce gaieté.
Le tribunal condamne la femme Delbassée pour escroquerie à deux mois de prison et 100 francs d'amende. 

samedi 25 avril 2020

En avril 1944, la vente de l'estaminet rue de Roucourt est relatée dans le Réveil du Nord









VENTES - ACHATS - LOCATIONS 


Etudes de M* Augustin BAVIÈRE, Notaire à Douai. 22, rue Pont des Pierres, et de Me Rémy DUBOIS, Docteur en Droit. Avoué â Douai. 10. rue des Blancs-Mouchons suppléé par Me J. Butruille. — 
Vente par suite de LICITATION. — Le mardi 15 janvier 1944, à dix heures du matin, en l'étude et par le ministère de Me BAVIÈRE, Notaire à Douai, à l'adjudication publique de : 

.../...
Art 4. Une maison à usage d'estaminet, avec licence de débit de boisson (mais sans matériel) sise à Guesnain, chemin de Roucourt à Guesnain. MISE À PRIX : 65.000 francs. e

vendredi 24 avril 2020

Protestation contre le transfert des facultés de Douai à Lille, un article de la Gazette du 15 mai 1887










Les conseils municipaux du Nord des communes d’Anhiers, Auberchicourt, Auhigny-au-Bac, Auby, Auchy, Beuvry, Bruilles-lez-Marchiennes , Cuincy , Dechy, Écaillon , Estrées, Erchin, Flines-lez-Râches, Guesnain, Hornaing, Lallaing, Loffre, Masny, Montigny, Warlaing, Waziers, Arleux, Bouvignies, Brunémont, Cantin, Courcheleltes, Esquerchin. Férin, Flers, Fressain, Gœulzin, Hamel, Lambres, Lauwin-Planques, Marchiennes-Campagne, Marcq, Nomain, Pecquencourt, Raimbeaucourt, Râches, Rieulay, Roost-Warendin, Roucourt, Sin-le-Noble, Somain, Tilloy, Vred, Wandignies ont pris des délibérations dans lesquelles ils protestent contre le transfert des Facultés de Douai à Lille, et expriment le ferme espoir de voir le gouvernement retirer le projet de loi. 47 communes sur 65 ont jusqu’aujourd'hui protesté.


Rappel historique :


Par décret du 22 octobre 1887, les facultés de lettres et de droit sont transférées de Douai à Lille. En 1891, la faculté mixte de médecine et de pharmacie comprend 21 chaires, la faculté des sciences 9 chaires, la faculté de droit 9 chaires, la faculté de lettres 7 chaires18. La faculté de droit de Lille est installée dans des locaux rue Angelier, inaugurées en 1895, à proximité de la faculté de lettres de Lille présente depuis 1887.

jeudi 23 avril 2020

tremblement de terre à Guesnain, un écho du "Petit Marseillais" du 12 mars 1887















LE TREMBLEMENT DE TERRE D’HIER

Quelques personnes ont assuré hier, avoir ressenti, vers 3 heures de l’après-midi , une secousse de tremblement de terre. La secousse aurait été légère et aurait duré environ cinq secondes. Il ne nous a pas été possible de contrôler ce dire, par l’excellente raison que, personnellement, nous n’avons rien ressenti, ni dans les bureaux ni dans les ateliers du journal. Mais ce qui pourrait confirmer ce renseignement, c’est que, dans la soirée, nous avons reçu divers télégrammes annonçant la perception de secousses. Ainsi, on nous a télégraphié : 
D’Antibes, à 4 h. soir : « Nous avons ressenti, à 2 h. 34, une nouvelle secousse qui a duré 6 secondes. La population est justement effrayée, on ne signale rien de particulier. » 
De Brignoles, à 5 h. du soir : « Cette aprè-midi, à 4 h. 48, une nouvelle secousse très peu sensible s’est produite. Elle a duré de 6 à 7 secondes. 
De Draguignan, à 5 h. 20 soir : « Une nouvelle secousse de tremblement de terre, assez sensible, s’est encore fait sentir aujourd’hui à 2 h. 40. L’oscillation a duré 6 secondes environ. » 
De Menton, à 5 h. 30 soir: «Une nouvelle secousse de tremblement de terre a eu lieu aujourd’hui à 3 h. moins 10. La durée a été de 2 secondes environ, la secousse assez violente. La population, qui était presque rassurée, a été alarmée. Les appartements occupés depuis quelques jours sont de nouveau abandonnés. La panique reprend. Les abris manquent. Le maire a ordonné la construction de baraquements et a demandé 150 tentes à MM. Yvose et Cauvin de Marseille, et au gouvernement. » 
De Toulon, à 5 h. 40 soir; « Quelques légères secousses de tremblement de terre ont été ressenties à 3 heures moins 10 minutes, dans notre ville. Elles ont été presqu’insensibles, bien qu’elles aient été constatées par un grand nombre de personnes. La direction des trépidations paraissait être du Nord au Sud. » De Digne, à 6 heures soir : « Une secousse de tremblement de terre a été ressentie à 3 heures moins un quart, cette après-midi. Les vitres ont tremblé et les sonnettes tintaient. La secousse a duré 10 secondes ; c’est la plus forte depuis le 23 février. » De Cannes, à 7 heures 45 soir : « Quelques personnes ont ressenti une légère secousse de tremblement de terre aujourd’hui ; mais il faut se mettre en garde contre les exagérations, car ce mouvement a été pour ainsi dire insensible » 
Ajoutons que les oscillations ont été ressenties sur divers points de la France. A Dechy-Guesnain, près de Douai, elles ont duré deux secondes ; les murs de la chapelle sont lézardés ; mais la dépêche de notre correspondant ne signale aucun accident de personnes. — R. 


La même information est relayée dans une douzaine de journaux le même jour : le Petit Courrier de Bar-sur-Seine, le Gil Blas, le Rappel, l’Intransigeant, le Phare de la Loire, la Lanterne, Le XIXè siècle, le Petit Provençal, le Constitutionnel, l’Écho Rochelais, l’Écho de Paris, le Petit Parisien